Force Verte

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jeudi 1 juillet 2010

Point de vue d'une jeune Japonaise

Mon jeune frère Noël vit au Japon depuis quelques années. Il a réalisé pour Force Verte une petite interview de son amie Yuki, afin de capter le ressenti d’une jeune Japonaise vis-à-vis de l’écologie :
 
Question: Que pensent les Japonais de manière générale sur l’environnement ?
 
Réponse: Cela dépend des personnes. Par exemple moi, je me soucis de l’environnement. Je n’aime pas gâcher de la nourriture, gaspiller du papier ou de l’énergie. Je suis allée à une manifestation écologique à Shibuya (un quartier connu de Tokyo), c’était bizarre parce qu’ils utilisaient beaucoup d’énergie. Il y avait beaucoup d’entreprises qui venaient pour vendre des produits « éco ». Les Japonais ne respectent pas l’énergie je pense. Le plus important pour les Japonais c’est de gagner de l’argent : ils font des nouveaux matériaux « éco » pour vendre plus. Le problème c’est que les gens jettent des produits presque neufs pour avoir le nouvel modèle « éco ».
 
Question: Et toi, qu’est que tu fais pour l’environnement ?
 
Réponse: Par exemple, quand je vais au café, je ramène ma propre tasse, je ne veux pas utiliser les tasses en papier. Je ne jette pas le bouchon des bouteilles en plastique, je les collecte et les donne a des associations qui peuvent aider des gens avec. Je n’achète pas beaucoup de vêtements et je n’utilise pas beaucoup de mouchoirs en papier.
 
Question: Que penses-tu de la folie des emballages au Japon ?
 
Réponse: C’est du gaspillage. Les Japonais ne sentent pas le danger, ils pensent qu’il y aura toujours de l’énergie et des ressources.
 
Question: Est-ce que tu manges avec des baguettes en bois à usage unique ?
 
Réponse: J’utilise des baguettes en bois mais je les lave et je les garde. Je me suis déjà disputée avec ma famille à cause de ca. Mes parents dépensent de l’argent inutilement au lieu d’utiliser les choses plusieurs fois.
 
Question: Qu’est-ce qu’il faut améliorer au Japon sur l’environnement ?
 
Réponse: On devrait arrêter de vouloir tout le temps des choses neuves. Tout est futile au Japon, on ne s’attache pas aux choses. Si quelque chose ne fonctionne pas ou est vieux, on le jette et on en achète un nouveau.
 
Question: Est-ce que tu veux nous dire autre chose sur l’environnement au Japon ?
 
Réponse: Je vivais en Europe avant. Si on compare, les Japonais ne pensent pas du tout à l’environnement, on gaspille beaucoup trop. Les Japonais pensent que les Européens sont radins parce qu’ils ne dépensent pas leur argent, mais je pense que les Européens s’attachent vraiment aux choses et les respectent.
 
Un grand merci à Yuki et Nono pour leur collaboration.

lundi 29 mars 2010

Qui comprend l'heure d'été ?

Ce matin nous avions pour la plupart la mine fatiguée des mauvais jours, les traits tirés des petites nuits. Maudit passage à l'heure d'été ! A  minuit, vous vous retourniez dans votre lit, frais comme le prince Bel-Air, à des kilomètres de trouver le sommeil, mais lorsque le réveil a sonné, vous arrachant à vos rêves cotonneux, vous avez cru à une mauvaise plaisanterie. A 6 h du mat’ (soit 5 h les jours précédents), on a forcément moins envie de danser la gigue !

D'où vient donc cette étrange règle, qui bouleverse nos organismes et nos habitudes ? A-t-elle une réelle plus-value écologique ?

L'heure d'été a été instituée en France en 1975 suite au choc pétrolier de 1974 dans le but de réaliser des économies d'énergie en réduisant les besoins d'éclairage (Souvenez-vous, on n’avait pas de pétrole, mais on avait des idées…). L'objectif étant de faire correspondre au mieux les plages d'activités avec les heures d'ensoleillement pour limiter l'utilisation de l'éclairage artificiel. Prenons un exemple :
Au 31 Mars en région parisienne, le jour se lève (en heure d’hiver) vers 6 h. La nuit tombe alors vers 19 h 45. En décalant l’horaire d’une heure en avant, le jour point vers 7 h et la nuit dresse son voile sombre vers 20 h 45. La consommation d’électricité pour l’éclairage est vraisemblablement moindre entre 6 h et 7 h par rapport à ce qu’elle est entre 19 h 45 et 20 h 45, on peut donc considérer qu'il y a économie d'énergie.

Une étude réalisée conjointement par le ministère de l’Industrie, EDF et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie estimait qu’en 1996 l’économie d’électricité était d’environ 1,2 TWh (poste d’éclairage).
Bien plus récemment, un communiqué de presse de l’Ademe annonçait un gain sur l’éclairage de l’ordre de 440 GWh pour 2009 (l’équivalent de la consommation en éclairage d’environ 800 000 ménages). L’importante différence entre les deux valeurs peut s’expliquer par l’adoption progressive de lampes basse consommation et la mise en place d’éclairage public calé sur la nuit solaire. L’agence considère que, malgré les évolutions technologiques à venir, les économies d’énergie engendrées par le régime d’heure d’été subsisteront à l’horizon 2030 (pouvant encore atteindre 340 GWh pour la simple production de lumière et 130 GWh pour les usages thermiques).

Toutefois, ces chiffres et explications ne font pas l'unanimité. Certains se demandent s’il ne s’agit pas d’économies de façade, qui  pourraient être bêtement compensées par une consommation accrue de carburant des véhicules lors des douces soirées estivales, une augmentation des besoins de chauffage lors des fraiches matinées de début du printemps et une utilisation plus intensive des systèmes de climatisation.

De son côté, la Commission Européenne semble avoir considéré que les gains sont difficilement mesurables et, dans la directive 2000/84/CE,  visant à harmoniser l'heure au sein des pays de l'union, il est simplement question de "faciliter les transports, les communications et les échanges au sein de l’UE".

Aussi, le changement d’heure à ses convaincus, ses fervents détracteurs (association La Méridienne, ACHE) et ses millions de déphasés deux jours par an.

J’identifie toutefois un élément qui n’est pas du domaine de la conjecture : un drôle d'avantage de ces tortueux changements bisannuels est de faire travailler très sérieusement nos neurones, faisant presque passer pour du "pipi de chat" les récents programmes d'entrainement cérébral fonctionnant sur la petite Nintendo. Ces quelques questions, par exemple, ont certainement déjà dû solliciter activement votre encéphale :

  • Dans la nuit du deuxième dimanche de Mars, gagne-t-on ou perd-on une heure ?
  • D’ailleurs, que signifie un gain d’une heure : h+1 ou h-1 ?
  • Me lèverai-je alors plus tôt ou tard ?
  • A 9 h sera-t-il 10 h ou 8 h ?
  • Les invités arriveront-ils pour déjeuner à midi "nouvelle heure" ou "ancienne heure" ? A quel moment mets-je donc le gigot au four ?
  • Quel est désormais le décalage horaire entre la France et le Japon ?
  • Quelle est la combinaison de touches pour régler l’heure de la chaine Hifi ?

Sources :
Wikipedia
Ademe

mardi 16 février 2010

Réflexions autour d'un sandwich au poulet

Ce midi, je me suis retrouvé face à une situation peu banale. Revenant, le pas alerte, d'acheter mon sandwich (quasi) quotidien, je croise sur l'esplanade de La Défense un homme à l'allure fatiguée, qui m'arrête.

- Excusez-moi monsieur...
- Oui ?
- mmama mezemez fin memeze puimoi jou. (Je n'ai pas compris ce qu'il m'a dit.)
- Pardon ?
- J'ai faim, je n'ai pas mangé depuis trois jours, est-ce que vous pourriez me dépanner ?
- Euh... Je n'ai pas d'argent liquide là, mais si vous voulez, je vous donne mon sandwich, j'en prendrai un autre plus tard.

Très fier de mon effet, j'attends, les yeux pétillants, la réponse de l'affamé.

- Ah, euh non. Je suis diabétique, je ne peux pas manger n'importe quoi !
- Bon, et bien tant pis pour vous alors….
- Oui, au revoir.

Cette situation, assez burlesque, m'a laissé songeur.
Mon sandwich poulet-crudités pouvait convenir, à mon sens, à tout diabétique qui se respecte, je ne doute donc pas que le pauvre homme n'avait d'appétit que pour la piécette que j'aurais pu céder.

Revenu à mon poste, je croque mon casse-croute en surfant sur le Net, en quête de news à vous présenter dans les jours à venir, quand, à la vue de la page d'accueil du moteur de recherche dont je vous ai fait part récemment, je me pose la question suivante : "Est-ce que Ecosia ne me joue pas le même scénario que mon SDF de tout à l'heure, en jouant sur l'affectif pour faire du pognon ?".

J'ai alors un peu creusé le sujet, sans heureusement trouver rien d'accablant.
Rien d'étonnant d'ailleurs, car s'il y avait eu des éléments évidents prouvant que ce type de site était une arnaque, je les aurais vraisemblablement identifiés dès la rédaction de mon premier billet.

Un seul fait m'a un peu surpris : l'équipe de Wittenberg à l'origine d'Ecosia est également en charge de deux autres moteurs de recherches verts - forestle (CF l'adresse sur cette page) et znout (CF ici).
Pourquoi créer plusieurs moteurs pour différents causes, plutôt qu'un seul dispatchant ses dons à diverses associations ? Est-ce simplement un moyen de dissocier des projets distincts en mutualisant plateformes et compétences ? Probablement, mais je dois avouer que j'apprécierais un peu plus de transparence.

Quelque part, on pourrait me dire qu'il est un peu ridicule de se montrer si tatillon alors que le choix et l'utilisation quotidienne d'un moteur de recherche ne coûte rien. Rien vous dîtes ? A moi, oui. Mais à la planète ?
La mise en place de serveurs, pour dupliquer un service déjà existant, n'est pas négligeable en termes d'impact environnemental. Toute compensation carbone associée est louable, mais ne sera jamais aussi efficace que l'absence complète de cette redondance.

Personnellement, je vais continuer à utiliser le dit moteur vert pour mes recherches classiques, car il s'annonce comme carbo-compensé et j'adhère pleinement à la cause qu'il met en avant. Ceci dit, au moindre doute, signe de défaillance ou odeur d'entourloupe, je retournerai cliquer chez le monstre de Moutain View.

De plus, pour conclure, je vous propose ci-après une liste d’autres solutions de recherche, théoriquement "green" :

Forestle : l'autre sauveur de forêt tropicale, par tranche de 0,1 m².
Veosearch : dons à l'association choisie par l'utilisateur.
Ethicle : plante des arbres. Partenariat avec Planète Urgence.
Ecocho : un autre éco-planteur.
Znout : basé sur google, neutre CO2.
Blackle : après le mouton, le moteur noir. Peu d'intérêt si vous disposez d'un moniteur LCD.

mercredi 14 octobre 2009

GMX messagerie verte ou greenwashing ?

Faisant un petit tour sur google, en usant de mots-clefs verdoyants, je suis tombé ce midi sur un lien publicitaire (dans le bandeau de droite) qui m'a intrigué :
L'email vert par GMX
Envoyez des e-mails écologiques
5 Go d'espace, POP3 et webmail sûr
www.gmx.fr

En cliquant sur le lien proposé, je suis tombé sur la page suivante.
Une souriante gamine, autour de laquelle volettent de vertes feuilles et de petites bulles, nous propose ce bref argumentaire :
Protégez l'environnement en envoyant des e-mails écologiques !
Nos serveurs utilisent de l'électricité verte, provenant des énergies renouvelables. Et pour que votre messagerie respecte l'environnement, nous tâchons d'économiser au mieux cette énergie.

Un petit logo de la Bonneville environmental foundation semble attester du sérieux de la chose.

Le discours est un peu simpliste mais, à la première lecture, l'idée de le remettre en cause ne m'a pas effleuré. Curieux, j'ai parcouru le site pour en savoir plus sur ces courriels écolos, serveurs verts et énergies propres. Et là, deux éléments m'ont surpris :

  • je n'ai trouvé aucune autre information relative à ce sujet.
  • je n'ai rencontré aucun lien référant la page d'où je provenais.

GMX (Global Message eXchange) est un service gratuit de courrier électronique d'origine allemande. En février 2009, la société a fait son entrée sur le marché français en rachetant les domaines de l'illustre Caramail.
Sur le site, on peut trouver moult détails sur l'utilisation des services GMX mail, des précisions institutionnelles sur cette branche de United Internet, mais rien sur le caractère vert de la solution.
Que ce soit dans l'espace presse ou dans les forums, je ne trouve pas trace de cette "green attitude" annoncée, et, à moins de revenir dans l'historique de mon navigateur web, je ne retombe jamais sur la fillette aux e-mails écologiques. Qu'est-ce donc que cette page fantôme, unique cible de liens commerciaux google ?

Je me suis alors rendu sur le site dans la fondation Bonneville environmental (b-e-f.org). Dans la page qui liste les partenaires de l'association, je n'ai trouvé aucune référence à GMX, Global Message eXchange ou United Internet.

Sommes-nous dans un cas manifeste de Greenwashing ?

Je m'interroge sincèrement.
Il est tout à fait possible que ce service soit neutre carbone, en alimentant ses sites et espaces de stockage en énergies renouvelables et/ou en compensant ses émissions de GES par l’achat de crédit CO2 auprès d’organismes spécialisés.
Mais dans ce cas, l'entreprise dispose d'informations fiables et tangibles (certificat RECS, contrats ou partenariats clairs). Une campagne de promotion axée sur ce sujet devrait donc être nettement plus étayée et ne pas se contenter d'un message flou affiché sur une page satellite.
Je soupçonne donc ici un cas de "blanchiment vert", "d'écolo-pipeau", mais je peux me tromper. Aussi, si les équipes de GMX font un petit tour sur ce billet, je les invite à nous apporter des précisions en laissant un commentaire, que je publierai bien évidemment sans aucune réserve.

Édition du 15/10/2009 :
La société GMX a répondu à mon billet pour confirmer et détailler son engagement écologique.
Je vous invite donc à lire les commentaires.