Force Verte

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dimanche 27 décembre 2009

De la consommation à la consomm'action

J'ai profité de cette période de calme bienheureux de l'entre-deux fêtes pour terminer un livre que j'avais entamé il y a quelques semaines : De la consommation à la consomm'action, les coûts cachés du quotidien  par René Longet (avec la collaboration de feue Muriel Lardi), aux éditions Jouvence.

L'ouvrage met en lumière de façon claire et juste les coûts cachés de certaines actions anodines de notre quotidien d'occidental. Le jean payé 75€ que l'on enfile à la va-vite et le jus d'orange à 2 € avalé au petit déjeuner ne se traduisent malheureusement pas seulement par une conséquence pécuniaire sur notre porte-monnaie : pollution, déforestation, gaspillage énergétique, conditions de travail inhumaines s'inscrivent en filigrane dans les étiquettes des biens et services que nous consommons.

L'ouvrage décortique certains éléments clés de notre consommation quasi-quotidienne : habillement, informatique, alimentation (café, jus d'orange, produits industriels contre production artisanale et locale), ameublement, voyages et transports. Pour chaque thématique on trouve un chapitre bien organisé et documenté (aperçu puis exposé précis du sujet, solutions et alternatives, perspectives).

Ce livre, que l'on lit avec un réel plaisir, regorge de chiffres et d'exemples précis et apporte une vision très juste d'un problème de fond : le "bon marché" n'a, dans les faits, rien de bon - ni pour notre santé - ni pour notre planète - ni pour les pauvres gens qui triment de l'autre côté du globe.

S'il faut toutefois faire une critique, je dirais que je n'ai pas été un très grand fan du style employé : presque trop sympathique et jovial, il donne parfois plus l'impression d'une conversation entre amis autour d'un picon-bière que d'une analyse journalistique sérieuse. Cette sensation se limite toutefois à quelques rares passages. Je reste, bien sûr, mal placé pour émettre ce type de remarque car je suis le premier à inonder mes billets de boutades inutiles.

Au risque de me répéter, n'achetez pas ce livre si vous êtes parisien car je le prêterai avec plaisir. Amis de la campagne, par contre, ruez-vous chez votre libraire !

vendredi 20 novembre 2009

Climat en débat, pour en finir avec les idées reçues

Je viens de finir Climat en débat, pour en finir avec les idées reçues de Caroline de Malet, journaliste au Figaro, en charge depuis une  dizaine d'années des questions liées à l’environnement.

Ce livre fait un point sur la question du réchauffement de notre planète.
Explicitant les avis et arguments des divers acteurs impliqués dans les débats sur le sujet (des sceptiques les plus bornés au plus fervents écologistes, des influents lobbys aux influençables médias), détaillant les vérités, contre-vérités et réalités scientifiques de la situation climatique, l'auteur fait un tour d'horizon de cette problématique complexe.

Malgré un style et une mise en forme assez scolaires (j'ai eu la sensation de me plonger dans un support de cours polycopié pour étudiant en cycle supérieur) et un premier chapitre assez soporifique, j'ai apprécié cet ouvrage. Caroline de Malet dresse un ici un tableau précis du panorama environnemental actuel.

Le livre, vraisemblablement rédigé en 2008, est très logiquement ancré dans son époque avec, par exemple, de larges références à l'administration Bush. Je vous conseille donc de lire celui-ci avant que les éléments qu'il expose ne soient rendus obsolètes par l'actualité.  Espérons même que ces éléments soient rapidement déclassés par un succès du futur sommet de Copenhague ou bien par d'extraordinaires mesures prises par M. Obama et l'ensemble des dirigeants des diverses puissances mondiales.

Cette fois encore je prêterai avec plaisir ce livre, publié aux éditions lignes de repères, à toute personne intéressée.

mercredi 11 novembre 2009

Le monde selon Monsanto

J'ai lu (enfin dévoré) récemment l'ouvrage de Marie-Monique Robin intitulé Le monde selon Monsanto. Ce livre fait écho au reportage du même nom réalisé par la journaliste, diffusé en France sur Arte l'année dernière (disponible désormais en DVD).

Monsanto est une entreprise américaine, implantée à Saint Louis (Missouri). A sa création en 1901 et durant une bonne partie du 20e siècle, son activité était centrée sur le secteur des produits chimiques. Elle est désormais spécialisée dans les biotechnologies végétales et apparaît comme le leader mondial des semences génétiquement modifiées et des produits phytosanitaires associés.

Le livre nous dresse le portrait d'une société qui semble être "l'Aggripine moderne". Les PCB, la dioxine, les herbicides douteux, l'hormone de croissance bovine et enfin le couple Roundup / OGM, Monsanto est impliquée dans bon nombre de controverses sur la toxicité de ses produits.

A chaque nouvelle page, on hallucine : manque (absence ?) de contrôles malgré le caractère dangereux des éléments produits, mensonges et dissimulations, manipulation des organismes gouvernementaux et de l'opinion publique, lobbyisme outrancier, campagnes de désinformation, publicités trompeuses, dénigrement des rares personnes osant s'opposer voire pressions ou menaces exercées sur celles-ci... On a souvent l'impression de lire un bon roman policier, alors qu'il s'agit vraisemblablement de faits avérés.

J'ai préféré la première partie, centrée sur les pollutions chimiques "historiques" à la deuxième portion de l'ouvrage, axée sur les OGM. En effet, le sujet des organismes génétiquement modifiés étant assez récent, il est plus difficile de prendre le recul nécessaire pour se forger une opinion impartiale. Par contre, en ce qui concerne les PCB, la dioxine et l'agent orange, nul ne doute que ce sont des poisons hautement toxiques et la responsabilité (enfin l'irresponsabilité) de Monsanto a été démontrée scientifiquement et / ou juridiquement.

Au final, je ne trouve qu'un seul petit "hic" : la force, la virulence du livre en sont presque des faiblesses. L'ouvrage est complètement à charge et met une exergue une certaine forme de "théorie du complot", quasiment inattaquable : Monsanto tenterait de museler ou discréditer tout personne s'opposant à ses plans et grippant sa belle mécanique économique. J'y crois volontiers mais, somme toute, ça en fait presque trop : le tableau dressé est tellement noir que l'on n'y voit presque plus rien !
Si la société de Saint Louis se défend, elle vous ment. Si tel ou telle la protège, c'est un pantin manipulé. Toute attaque portée contre un anti-Monsanto est une machiavélique machination. C'est probablement la stricte vérité, mais ça ne laisse aucune marge de manœuvre à la défense du papa de Rex, le chien qui aime le Roundup dans son osso-buco. Et, ne pas laisser de place à quelqu'un pour se défendre, c'est presque le rendre sympathique.

Une nouvelle fois, si un voisin parisien est intéressé pour lire ce livre, je lui prête bien volontiers.

lundi 26 octobre 2009

L'Humanité disparaîtra, bon débarras !

Pour rebondir sur mon dernier billet, qui présentait un article de La Tribune opposant les partisans d’une croissance verte largement « profitable » aux écologistes régressistes, je vous propose aujourd'hui de vous intéresser au livre d' Yves Paccalet : L'Humanité disparaîtra, bon débarras ! (en édition de poche chez J'AI LU pour 4,80€).

L'ancien compagnon du commandant Cousteau exprime dans ce pamphlet rageur son amour de la nature, son engagement pour protéger celle-ci mais surtout ses déceptions écologiques qui se sont, avec le temps, muées en quasi haine de l'humanité. Le ton est satyrique, cruellement réaliste et sincèrement pessimiste.
L'être humain, que l'auteur voit comme une forme de cancer, de parasite pour la planète, est voué à disparaître noyé, affamé, asphyxié par sa propre bêtise.

Cet essai ne fait pas l'unanimité. Les avis que j'ai trouvés sur le Net sont soit dithyrambiques soit copieusement navrés.
Pour ma part, même si je n'adhère pas à tous les passages (par exemple, le quatrième chapitre nous resservant une petite bolée de nazisme m'a un peu gêné), j'ai lu avec un certain plaisir cette grande gifle verte, rédigée d'une plume acide.

Soyez verts jusqu'au bout : n'achetez pas ce livre si vous habitez ou travaillez en région parisienne. Contactez moi, je vous le prêterai (donnerai?) avec plaisir. Je pense que M. Paccalet ne trouvera rien à redire à notre petit troc écolo !