Force Verte

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Tag - Greenwashing

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samedi 31 octobre 2009

La jungle des achats pour bébé


Je vais être bientôt papa d'une petite "Force Rose".

Ma femme et moi étions donc ces temps-ci immergés dans la frénésie des achats de matériel de puériculture. La tâche n'est pas de tout repos et sollicite largement votre encéphale :

  • chasse aux biberons sans bisphénol A, pour que tant que faire se peut ne pas empoisonner bébé,
  • quête de produits de soin contenant moins de 50 composants chimico-inquiétants (sans paraben, sans phtalate, sans phénoxyéthanol par exemple),
  • choix d'une poussette parmi les dizaines de modèles disponibles au catalogue des nombreuses marques du marché,
  • constitution de la layette de base,
  • etc.

A chaque achat, nous nous demandions si nous faisions le bon choix. Les industriels, loin de nous aiguiller sur la bonne piste par leurs conseils éclairés, savent jouer avec hardiesse de ce penchant naturel qu'ont les futurs parents à vouloir le meilleur, le plus sain, pour leur progéniture.

Un cas m'a particulièrement marqué, car nous avons failli nous faire embobiner, alors que la ficelle commerciale était énorme... Une vrai liane démagogique !
Quand nous sommes allés acheter le petit lit du futur "muppet", nous avons dû choisir un matelas.
Là, mon côté "Force Verte" s'est réveillé, car certains modèles arboraient fièrement, en caractères d'imprimerie gigantesques, de doux mots à mes yeux : "100% coton bio", "matelas en bambou" etc..
Je jette mon dévolu sur le modèle préféré des pandas, dont la description est élogieuse (retrouvée sur parents.fr) :

"Le matelas en bambou P’tit roublard est composé de viscose de bambou, plante 100 % naturelle. Le bambou est anti-acariens et anti-bactérien par Nature. Solution idéale pour les enfants sensibles aux allergies, il apporte une sensation de bien-être et de douceur. En effet, le bambou garde au frais pendant l’été, et bien chaud en hiver et a une meilleure capacité d’absorption que le coton. L’enveloppe, déhoussable, de ce matelas permet un entretien rapide et efficace. La housse est d’une douceur exceptionnelle. Lavable à 60 °C. Existe en deux dimensions : 60 x 120 cm et 70 x 140 cm. Garantie 5 ans."

Ce n'est qu'arrivé en caisse, que mon regard tombe sur une petite ligne dans un coin du paquet : "rembourrage mousse polyuréthane de 21 kg/m3 de densité". Hein? Mais le rembourrage, c'est facilement 80% du produit. Ce matelas est aussi "bio" que je suis un poilu de la guerre de quatorze ! En toute crédulité, je pensais qu'il était intégralement en matière noble.
Bien sûr, une housse en bambou ou en coton bio est toujours plus saine et écologiquement responsable qu'une en viscose, polyamide ou je ne sais. Mais reste que la communication autour du produit est trompeuse, limite mensongère. Du coup, comme nous n'aimons pas être pris pour des imbéciles, nous avons opté pour un autre modèle.

Aussi, comme je le fais et le ferai souvent, je vous invite à rester vigilant lors de vos achats. Les industriels nous prennent bien souvent pour des pigeons, ils sont d'ailleurs très habiles pour construire des appeaux à gogos.

mercredi 28 octobre 2009

Ecolaboration par Nespresso

Nespresso, leader du café en dosette, dispose d'une image "haut de gamme".
Par contre, on ne pouvait pas considérer, jusqu'à présent, que la société puisse se targuer d'un profil verdissant : doses en aluminium à usage unique, elles-mêmes rangées dans d'élégants mais inutiles emballages cartonnés, cafetières chics mais énergivores, cafés provenant du bout de monde etc.. Au final, dans votre tasse, un nectar noir riche en goût et en carbone !

Cette année, Nespresso semble avoir pris le parti de rejoindre le côté vert de la force, en lançant le programme Ecolaboration. L'entreprise s'engage, à horizon 2013 sur trois objectifs majeurs :

  • s’approvisionner à hauteur de 80% en café issu d’une agriculture durable (contre 40% actuellement), en mettant en place un programme AAA, contrôlé par l’ONG Rainforest Alliance.
  • tripler les capacités de recyclage de capsules usagées (pour atteindre 75 % des capsules vendues)
  • réduire de 20% l’empreinte carbone liée à la réalisation de chaque tasse de café (82 grammes de CO2 actuellement)

A première vue, on ne peut que saluer cette initiative. J'ai pu noter toutefois que quelques voix s'élèvent sur le net, soupçonnant un cas de greenwashing (par exemple, Yann Graf dans ce billet).

Pour ma part, je reste partagé. J'apprécie que la filiale de Nestlé s'investisse dans le développement durable, mais je trouve effectivement que, côté communication, elle "en fait de tonnes".
Premièrement, je vous laisse juger de la pertinence du nom du programme. Un peu "too much", non ?
Ensuite, je vous invite à visiter le site créé pour l'occasion, http://www.ecolaboration.com. Il nous en met plein les yeux : design léché et streaming vidéo sur la plupart des pages, on se croirait presque sur le site d'un constructeur automobile. Sur moi, cette vitrine médiatique est presque contre-productive : elle me donne la sensation que Nespresso cherche absolument à me vendre quelque chose et, au final, le tout sonne un peu faux.
La mise en place d'un tel portail web a un coût réellement important. J'aurais préféré que le roi du café en capsule se contente d'un communiqué de presse et investisse l'argent économisé dans ses engagements écologiques.

Pour finir, lecteurs français et éventuels membres du "prestigieux" Nespresso Club, notez qu'il n'est pas si simple de faire recycler vos capsules dans notre beau pays. En effet, il semblerait qu’en France la collecte sélective ne gère pas les pièces d'aluminium  inférieures à 7 centimètres. Il est donc inutile de jeter vos dosettes de "grands crus" Livanto ou Roma dans votre poubelle d'éléments recyclables. Vous devrez donc :

  • rapporter vos capsules usagées dans les points de vente Nespresso.
  • les confier au coursier qui vous livre de nouvelles doses.
"Quoi d'autre ?", me direz vous...
Rien, à part que si vous préférez vous passez de café, vous serez sans doute bien plus proche du vrai geste responsable !

mercredi 14 octobre 2009

GMX messagerie verte ou greenwashing ?

Faisant un petit tour sur google, en usant de mots-clefs verdoyants, je suis tombé ce midi sur un lien publicitaire (dans le bandeau de droite) qui m'a intrigué :
L'email vert par GMX
Envoyez des e-mails écologiques
5 Go d'espace, POP3 et webmail sûr
www.gmx.fr

En cliquant sur le lien proposé, je suis tombé sur la page suivante.
Une souriante gamine, autour de laquelle volettent de vertes feuilles et de petites bulles, nous propose ce bref argumentaire :
Protégez l'environnement en envoyant des e-mails écologiques !
Nos serveurs utilisent de l'électricité verte, provenant des énergies renouvelables. Et pour que votre messagerie respecte l'environnement, nous tâchons d'économiser au mieux cette énergie.

Un petit logo de la Bonneville environmental foundation semble attester du sérieux de la chose.

Le discours est un peu simpliste mais, à la première lecture, l'idée de le remettre en cause ne m'a pas effleuré. Curieux, j'ai parcouru le site pour en savoir plus sur ces courriels écolos, serveurs verts et énergies propres. Et là, deux éléments m'ont surpris :

  • je n'ai trouvé aucune autre information relative à ce sujet.
  • je n'ai rencontré aucun lien référant la page d'où je provenais.

GMX (Global Message eXchange) est un service gratuit de courrier électronique d'origine allemande. En février 2009, la société a fait son entrée sur le marché français en rachetant les domaines de l'illustre Caramail.
Sur le site, on peut trouver moult détails sur l'utilisation des services GMX mail, des précisions institutionnelles sur cette branche de United Internet, mais rien sur le caractère vert de la solution.
Que ce soit dans l'espace presse ou dans les forums, je ne trouve pas trace de cette "green attitude" annoncée, et, à moins de revenir dans l'historique de mon navigateur web, je ne retombe jamais sur la fillette aux e-mails écologiques. Qu'est-ce donc que cette page fantôme, unique cible de liens commerciaux google ?

Je me suis alors rendu sur le site dans la fondation Bonneville environmental (b-e-f.org). Dans la page qui liste les partenaires de l'association, je n'ai trouvé aucune référence à GMX, Global Message eXchange ou United Internet.

Sommes-nous dans un cas manifeste de Greenwashing ?

Je m'interroge sincèrement.
Il est tout à fait possible que ce service soit neutre carbone, en alimentant ses sites et espaces de stockage en énergies renouvelables et/ou en compensant ses émissions de GES par l’achat de crédit CO2 auprès d’organismes spécialisés.
Mais dans ce cas, l'entreprise dispose d'informations fiables et tangibles (certificat RECS, contrats ou partenariats clairs). Une campagne de promotion axée sur ce sujet devrait donc être nettement plus étayée et ne pas se contenter d'un message flou affiché sur une page satellite.
Je soupçonne donc ici un cas de "blanchiment vert", "d'écolo-pipeau", mais je peux me tromper. Aussi, si les équipes de GMX font un petit tour sur ce billet, je les invite à nous apporter des précisions en laissant un commentaire, que je publierai bien évidemment sans aucune réserve.

Édition du 15/10/2009 :
La société GMX a répondu à mon billet pour confirmer et détailler son engagement écologique.
Je vous invite donc à lire les commentaires.

lundi 5 octobre 2009

Lavage vert ou greenwashing ?

Le vert, et je ne vais pas m’en plaindre d’ailleurs, semble être de plus en plus tendance.
Aussi, comme tout succès apporte avec lui son lot de camelots et autres bonimenteurs, on voit fleurir ici et là de drôles de produits, estampillés écologiques ou bio.

Il n’est pas rare qu’au détour d’Internet ou dans les rayonnages de marchands je tombe sur un objet qui m’interpelle. Tout d’abord intrigué voir charmé par l’aura verte émise par le produit, je reste généralement dans l’expectative à la lecture de la notice ou à l’écoute des boniments du vendeur. En effet, les délayages pseudo-scientifiques du genre 100% nouvelles biotechnologies – développé par le MIT de Shanghai, à l’extrait de nano-protéines d’argousier des Alpes, renvoie les UV à l’aide de sa membrane lipido-active me laissent froid… Et me convainquent de ne pas acheter le produit.

D’où un petit dilemme rencontré le week-end dernier :

Ma mère m’a composé un nouveau petit billet, relatif aux boules de lavage vertes. Il s’agit de balles creuses en plastique, contenant des billes de céramiques, qui une fois placées dans le tambour de la machine à laver le linge permettent vraisemblablement de se passer de lessive. A première vue, un produit qui a sa place sur Force Verte.
Toutefois, avant de le publier, je me document un peu sur le sujet, et découvre que ces fameuses balles ne font pas l’unanimité :
Pour certains, elles remplissent leur rôle correctement. D’autres estiment qu’elles sont quasi inutiles, et que l’on obtiendrait des résultats semblables en lavant son linge à l’eau claire.

Après m’être rendu sur différents forums de discussion pour consulter les avis de chacun, je suis allé jeter un coup d’œil sur la page d’un fabricant (ou distributeur). Je dois avouer que je m’y suis amusé.
On croirait que certains passages ont été générés avec un outil qui assemble aléatoirement des mots scientifiques, c’en est presque ridicule ! Morceaux choisis :

  • C’est l’émission de puissants rayons infrarouges lointains émis par les céramiques de la machinchose qui cassent les combinaisons d’hydrogène de la molécule d'eau afin d’augmenter le mouvement moléculaire.
    Woooaa. Des infrarouges lointains ! C’est pour cela que ca lave bien !
  • La machintruc émet des ions négatifs qui affaiblissent l’adhérence des saletés sur les tissus pour qu’elles se détachent facilement sans utiliser de lessive.
    OK, des ions négatifs, associés aux infrarouges. C’est une vraie surprise-party dans mon lave linge alors !
  • La trucbidule maintient un pH de l’ordre de 10, ce qui équivaut au pH d’un détergent chimique ordinaire.
    D'accord, ne pas négliger le pH.
  • Pour une efficacité optimale avant utilisation et pour préserver son efficacité, mettre la bidulechose 2 heures au soleil pour régénérer les microbilles de céramique.
    L’extrait le plus pertinent, qui se passe de commentaire…
De deux choses l’une. Soit ce produit est formidable, mais le fabriquant ne veut pas révéler ses secrets technologiques, alors il nous sort un charabia ridicule. Soit, il s’agit d’une simple balle de plastique inerte, donc il nous sort (une nouvelle fois) un charabia ridicule.

Pour ma part, je ne suis pas convaincu par d'éventuelles performances chimiques ou biologiques des « washballs ».
Je veux bien croire, par contre, qu’elles fonctionnent par l’effet de brassage et battage du linge qu’elles induisent.
D’ailleurs, ma maman a été convaincue par leur utilisation :

J’ai testé les boules de lavage !

J’utilise une boule de lavage depuis très longtemps. D’après ce que j’ai compris, elle renferme des micro-billes de porcelaine qui génèrent un effet détergent.

Il faut choisir une boule de bonne qualité. Le coût est d’environ 30 euros. Il y a eu des imitations qui explosaient dans la machine en faisant des dégâts !

Avantages :

  • Économique, une boule doit permettre des centaines de lavages
  • Aucune pollution
  • Pas de risque d’allergie
  • Lavage très doux, les couleurs gardent toutes leur fraîcheur. J’ai même lavé un manteau à col de fourrure non lavable (dixit l’étiquette) ce qui n’est pas étonnant. -Oui, je sais, le col de fourrure ce n’est pas très écolo !- Toujours est-il que le manteau est ressorti comme neuf alors qu’il revenait habituellement assez tristounet de chez le teinturier.

Inconvénients :

  • Absence de l’odeur synthétique mais néanmoins agréable des lessives industrielles. Et comme je suis conditionnée à ce que mon linge sente le frais, je mets deux trois gouttes d’essence de lavandin. Attention, il ne faut pas en mettre directement sur un linge susceptible de se décolorer mais sur un chiffon. -Eh oui les huiles essentielles c’est ultra puissant !-
  • Pas de lessive, pas d’agents blanchissants. Alors de temps en temps un petit supplément à l’oxygène actif s’impose.

Florence pour Force Verte


Action efficace ou placébo ? Je n'arrive pas réellement à trancher.
Maintenant, même si ces balles ne lavaient pas mieux qu'un cycle à l'eau pure, j'aimerais autant qu'elles fassent de nombreux adeptes : tout litre de lessive économisé est une petite victoire pour la nature.

Avis aux internautes.

Si vous avez pu vérifier, avec un protocole de tests rigoureux et/ou scientifique, l'efficacité (ou non) des boules de lavages, n'hésitez pas à me laisser des commentaires. Je serais presque tenté de mener une campagne moi-même, par exemple en lavant des T-shirts tâchés (terre, herbe, tomate, graisse) avec quatre méthodes : lessive, eau claire, balle de tennis, boule de lavage. Je sais toutefois que je ne trouverai pas le temps (le courage?) de le faire.

jeudi 1 octobre 2009

Qu'est-ce que le greenwashing ?

Le Greenwashing (en français "écoblanchiment", "verdissement d'image" ou "blanchiment vert") est un procédé marketing
consistant à mettre en avant les efforts d’une entreprise (ou d'une organisation) en termes de développement durable et de protection de l’environnement, alors même que ces efforts ne sont pas réels, ou moins importants qu'annoncés.
Ce terme correspond à la contraction des mots "green" (vert) et "brainwashing" (lavage de cerveau).

Cette pratique peut se traduire, par exemple, par un changement de nom ou de packaging d'un produit (sans en modifier sa nature intrinsèque), dans le but de lui donner une image plus verte, ou par la diffusion de publicités utilisant abusivement l'argument écologique.

Dans le cas de campagnes publicitaires, le site greenwashingindex.com a identifié cinq critères permettant de qualifier un cas de blanchiment d'image :

  • l'annonceur joue sur les mots pour mettre en avant un caractère écologique inexistant
  • l'annonceur joue sur les visuels pour les mêmes raisons
  • l'annonceur est volontairement vague sur certains éléments
  • les arguments pro-environnement sont largement exagérés
  • certaines informations déterminantes sont masquées ou minorées.
    En l'occurrence, celles qui ne correspondent pas à la "carte-postale verte".

Pour obtenir plus d'infos sur le greenwashing, identifier les publicités exagérées ou mensongères et même participer à la qualification de celles-ci, je vous invite à visiter le site de l’Observatoire Indépendant de la Publicité :
http://observatoiredelapublicite.fr.