Force Verte

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Tag - Consommation Responsable

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jeudi 4 février 2010

Des produits de saison

Un des premiers écogestes que l'on se voit proposé quand on traque sur le Net les astuces pour être un citoyen responsable vis à vis de l'environnement, est de consommer des fruits et légumes de saison. En effet, en choisissant correctement des produits saisonniers, vous privilégiez généralement l'approvisionnement local, et donc minimisez les émissions polluantes et l'inutile déperdition d'énergie associées à leur acheminement. Des fraises sur la table de Noël ne proviendront vraisemblablement pas de Dordogne et auront donc parcouru une sacrée route pour accompagner votre doux dessert (en hiver, elles nous parviennent de l’hémisphère Sud ou d’Israël).

Ceci dit, quand, comme moi, on vit en ville et que les rares fruits que l'on voit poindre aux branches des mornes arbres enchaussés dans le bitume sont de tristes marrons, encapsulés dans leurs piquants écrins, on n'est pas complètement au fait de la saisonnalité des végétaux de grande consommation. Je me suis donc posé la question la suivante et ai mené quelques recherches pour y répondre :
Quels sont donc, mois après mois, les produits de saison que je peux acheter raisonnablement ?

Janvier
Fruits : citron, clémentine, kiwi, mandarine, orange, noix, poire, pomme
Légumes : betterave, cardon, carotte, céleri branche, céleri-rave, chou (vert, rouge, frisé, pommé, de Bruxelles, brocoli), courges (courge, citrouille, potiron, potimarron), crosne, endive, navet, panais, poireau, pomme de terre (de conservation), salsifis, topinambour
Salades : mâche
Aromates : ail, échalote, oignon

Février
Fruits : citron, kiwi, orange, noix, poire, pomme
Légumes : betterave, cardon, carotte, céleri-rave, chou (CF Janvier), courges (idem), crosne, endive, fenouil, navet, panais, poireau, pomme de terre (de conservation), rutabaga, salsifis, topinambour.
Salades : frisée, laitue, mâche
Aromates : échalote, oignon

Mars
Fruits : citron , kiwi, noix, orange, pomme
Légumes : betterave, cardon, carotte, céleri-rave, endive, navet, panais, poireau, pomme de terre (de conservation), potiron, salsifis, topinambour
Salades : laitue, mâche, oseille
Champignons : morille
Aromates : échalote, oignon

Avril
Fruits : kiwi, pomme
Légumes : artichaut, asperge, blette, carotte, chou-fleur, épinard, fève, navet, petits pois, poivrade, poireau, pomme de terre (de conservation), radis rose
Salades : cresson, frisée, laitue, oseille
Champignons : morille
Aromates : échalote, oignon

Mai
Fruits : fraise, rhubarbe
Légumes : artichaut, asperge, blette, chou-fleur, épinard, fève, haricot vert, petits pois, poivrade, radis rose
Salades : cresson, laitue, oseille, pourpier, scarole, roquette
Aromates : échalote, oignon

Juin
Fruits : abricot, amande, cerise, figue, fraise, framboise, melon
Légumes : artichaut, asperge, blette, chou-fleur, courgette, fenouil, fève, haricot vert, petits pois, pomme de terre (primeur), radis rose
Salades : laitue, oseille, roquette
Aromates : aneth, basilic, cerfeuil, ciboulette, coriandre, échalote, estragon, laurier, marjolaine, menthe, oignon, origan, persil, piment, romarin, sauge, thym

Juillet
Fruits : abricot, brugnon, cassis, cerise, figue (fraîche), fraise, framboise, groseille, melon, mirabelle, mûre, myrtille, pastèque, pêche, prune, tomate
Légumes : artichaut, aubergine, blette, brocolis, carotte, concombre, cornichon, courgette, fenouil, fève, haricot vert, petits pois, pomme de terre (primeur)
Salades : laitue, roquette
Aromates : ail (frais), échalote, oignon

Août
Fruits : abricot, cassis, figue (fraîche), fraise, framboise, groseille, melon, mirabelle, mûre, myrtille, pêche, prune, raisin, tomate
Légumes : artichaut, aubergine, blette, brocolis, carotte, concombre, courgette, fenouil, flageolet, haricot vert, maïs, poireau, poivron, pomme de terre (de conservation), salsifis
Salades : laitue, salade chicorée, roquette
Aromates : ail, échalote, oignon

Septembre
Fruits : figue (fraîche), fraise, framboise, melon, mirabelle, mûre, myrtille, pêche, poire, pomme, prune, raisin, tomate.
Légumes : artichaut, aubergine, betterave, blette, brocolis, carotte, chou, chou de Bruxelles, chou-fleur, concombre, courges (courge, citrouille, potiron, potimarron), courgette, épinard, fenouil, flageolet, haricot (coco plat, lingot, haricot blanc), haricot vert, maïs, poireau, poivron, pomme de terre (de conservation), radis rose, salsifis
Salades : frisée, laitue, salade chicorée
Champignons : girolle,cèpe, bolet et trompette de la mort
Aromates : échalote, oignon

Octobre
Fruits : châtaigne, coing, figue (fraîche), framboise, kiwi, noix, pêche de vigne, poire, pomme, raisin, tomate.
Légumes : artichaut, aubergine, betterave, blette, brocolis, carotte, céleri-rave, chou, chou de Bruxelles, chou-fleur, concombre, courges (CF Septembre), courgette, épinard, fenouil, haricot vert, navet, panais, poireau, poivron, pomme de terre (de conservation), radis rose, salsifis, topinambour
Salades : laitue, mâche, salade chicorée, roquette
Champignons : cèpes et bolets
Aromates : échalote, oignon

Novembre
Fruits : châtaigne, coing, datte, kaki, noix, poire, pomme, raisin.
Légumes : betterave, blette, brocolis, carotte, céleri branche, céleri-rave, chou, chou de Bruxelles, chou rouge, chou-fleur, courges (CF Septembre), crosne, endive, épinard, navet, panais, poireau, pomme de terre (de conservation), radis rose, salsifi, topinambour
Salades : laitue, mâche, salade chicorée
Champignons : champignons
Aromates : échalote, oignon

Décembre
Fruits : châtaigne, clémentine, datte, kiwi, mandarine, noix, orange, pamplemousse, poire, pomme
Légumes : betterave, cardon, carotte, céleri-rave, chou, chou de Bruxelles, chou rouge, courges (CF Septembre), endive, igname, navet, panais, poireau, pomme de terre (de conservation), salsifis, topinambour
Salades : mâche, salade chicorée
Champignons : champignons
Aromates : échalote, oignon

Pour conclure, souvenez-vous que quelque soit le produit retenu, le mieux est d'en contrôler son origine. Plus proche sera sa région de production, moindre sera son impact écologique.

N'hésitez pas à complétez cette liste, non exhaustive, par vos commentaires.

Source : ekopedia.org

vendredi 15 janvier 2010

L’équation vertueuse

Si on prend la peine d’y réfléchir, on s’aperçoit que l’équation suivante se vérifie souvent :
Bon pour la planète [BP] = bon pour mes finances [BF] = bon pour ma santé [BS]

Je me passionne pour ce sujet depuis très longtemps et j’ai développé une stratégie d’écogestes pour collectionner un maximum de [B]. Il y a quelques années ces comportements passaient pour farfelus voire ringards. Heureusement, c’est devenu "tendance" et chacun peut se vanter désormais de ses bons plans écolos ! Alors en voici quelques uns, pas tous inédits mais que j’ai dûment éprouvés.

Le ménage

Exit les produits chers et bourrés de produits chimiques aux incidences douteuses à long terme sur la santé et sur l’environnement [BP /  BS] ! Mes achats se limitent alors à du [BF] :

  • Savon de Marseille.
  • Vinaigre blanc.
  • Chiffons et serpillères en micro-fibre de bonne qualité (Ça c’est relativement nouveau ! Pas bio-dégradable mais très performant pour nettoyer et d’une très longue durée d’utilisation),
  • essence de lavandin (sent bon et désinfecte les sanitaires, poubelles…). Je bannis les parfums chimiques dont les fragrances sont généralement issues de la pétrochimie.
  • Pâte blanche (à base d’argile, nettoie et fait briller sanitaires, plastiques, stratifiés, métaux…) aussi appelée pierre d'argile, d'éclat, magique etc.

Je stocke les serviettes de table en papier utilisées si elles sont encore propres pour essuyer les vitres, outils de jardin… économisant ainsi les achats d’essuie tout [BP / BF].

Puisque la plupart des magasins donnent encore des sacs plastiques (façon de parler puisque cela est répercuté dans les prix), je les utilise comme sacs poubelle [BF].

Le jardin

Je composte mes déchets et élimine mes mauvaises herbes à l’ancienne (binette et arrachage manuel). Sauf absolue nécessité, je n’achète pas de produits de jardinage chimiques [BP / BF / BS]. Pour l’instant mon jardin n’a pas l’air d’en souffrir.

Hygiène et beauté

Pour la toilette : le savon est aussi efficace et agréable que le gel douche. Il est plus économique [BF] et on évite ainsi le contenant plastique [BP]. Je conserve cependant  le gel pour le nettoyage des mains car plus hygiénique (exit le savon douteux sur le bord du lavabo !).

Pour entretenir la peau : il faut réaliser qu’elle absorbe littéralement les crèmes, qui passent alors dans notre organisme. On ne devrait donc utiliser que des produits comestibles. Les crèmes de soin "industrielles" sont chères car il faut payer la recherche et développement du fabriquant. Mais elles sont surtout pleines de produits potentiellement toxiques à long terme. Par exemple, le fameux conservateur paraben (et ses dérivés), quasiment omniprésent, est suspecté de favoriser l’emballement hormonal et les cancers associés. Les crèmes "bio" sont plus rassurantes et souvent tout aussi efficaces. Toutefois les conservateurs y sont généralement remplacés par des huiles essentielles qui, bien que naturelles, peuvent causer des allergies. Chacun doit donc tester ce qui lui convient le mieux. Sans danger, à utiliser le soir (pas sous le maquillage !), toutes les huiles telles que jojoba, amande douce et onagre sont à retenir, ainsi que les eaux de fleurs comme l’eau de rose qui sont adoucissantes, hydratantes et nourrissantes. Tout cela est économique et bon pour la santé [BF / BS].

Concernant le parfum : je le réserve aux grandes occasions. La gamme bio est encore peu étoffée et les fragrances que j’ai testées ne tiennent pas suffisamment. Quant aux parfums classiques, ils contiennent des molécules de synthèse dont on peut redouter la nocivité (COV - Composés Organiques Volatils - et autres). En guise de déodorant, j’utilise la pierre d’alun naturelle (pas synthétique) efficace, non toxique et qui dure très longtemps. Là aussi, économie d’emballages par rapport aux « déo » classiques [BP / BF / BS]. Avec une bonne hygiène et ce déodorant sympathique, il n'y a aucune raison de craindre les mauvaises odeurs.


En fait, être éco-responsable s'avère être très amusant : se renseigner, tester, changer ses habitudes… On peut découvrir et mettre en pratique des écogestes sans rien abandonner en qualité de vie. Et quand on veut vous vendre quelque chose contraire aux [3 B], refusez en pensant à cette phrase de Coluche : "Si personne n’en achetait, ça ne se vendrait pas !"

- Florence pour Force Verte -

jeudi 14 janvier 2010

Gaspillage alimentaire : 30 à 40 % des denrées disponibles terminent à la poubelle

Je vous conseille lire cet excellent article du Monde : pourquoi le monde gaspille autant de nourriture ?
Voici quelques extraits qui m'ont édifié :

Une étude, parue dans la revue scientifique PLOS One de novembre, démontre que, chaque année, 40 % de l'alimentation disponible aux Etats-Unis est jetée. Ce gâchis entraîne la dilapidation d'un quart de l'eau douce consommée annuellement dans le pays (utilisée pour produire ces aliments) et de l'équivalent en énergie de 300 millions de barils de pétrole par an. Ces données confirment des estimations antérieures du gaspillage alimentaire dans les pays développés, évalué de 30 % à 40 % des denrées.

[...]

Dans les pays riches, l'essentiel des pertes a lieu "en bout de chaîne". La distribution rejette une partie des produits en fonction de critères esthétiques, et applique des marges de sécurité importantes sur les dates limites de consommation. Mais des pertes considérables ont également lieu dans la restauration collective et... dans les cuisines des particuliers. Une étude détaillée du contenu des poubelles en Grande-Bretagne, parue en novembre 2009, estime que 25 % des aliments achetés par les ménages sont jetés.

Je dois avouer que je ne pensais pas que le gaspillage de nourriture pouvait prendre une telle ampleur.
C'est à la fois scandaleux et dérangeant.

Scandaleux pour le milliard de personnes qui souffrent de la faim quotidiennement.
Scandaleux pour cette eau si précieuse que l'on consomme à pure perte.
Scandaleux pour cette énergie brulée pour du vent et ces pollutions connexes générées inutilement.

Dérangeant car nous sommes tous responsables. Moi le premier d'ailleurs !
Je grimace dès que je trouve dans mon réfrigérateur un pot de yaourt dont la date limite de consommation est dépassée. Il peut arriver que j'achète 2 kg de pommes mais que je n'ai le temps d'en croquer qu'une moitié avant que la seconde finisse blette. Fromage trop fait, légume un peu moisi, produit éventé, il ne doit pas y avoir une semaine sans que je ne sois complice de ce gaspillage de masse. On imagine benoitement que c'est une goutte d'eau dans l'océan, mais les chiffres avancés ici nous prouvent l'absolu contraire.
 
Dérangeant car, à titre individuel, il suffit de faire preuve d'un peu de bon sens et d'organisation pour minimiser le gâchis :
  • acheter en quantité raisonnable, correspondant à ses justes besoins,
  • planifier les menus de ses repas sur la semaine ou les jours à venir,
  • contrôler avec soin les dates des produits,
  • faire la différence entre DLC (date limite de consommation) et DLUO (date limite d'utilisation optimale - la denrée reste ensuite consommable, même si son aspect est légèrement modifié),
  • se méfier des conditionnements en lot,
  • etc.

Je vais essayer désormais de garder un œil attentif sur mon réfrigérateur et ses fragiles occupants.
Je vous invite, chers lecteurs, à faire de même.

dimanche 27 décembre 2009

De la consommation à la consomm'action

J'ai profité de cette période de calme bienheureux de l'entre-deux fêtes pour terminer un livre que j'avais entamé il y a quelques semaines : De la consommation à la consomm'action, les coûts cachés du quotidien  par René Longet (avec la collaboration de feue Muriel Lardi), aux éditions Jouvence.

L'ouvrage met en lumière de façon claire et juste les coûts cachés de certaines actions anodines de notre quotidien d'occidental. Le jean payé 75€ que l'on enfile à la va-vite et le jus d'orange à 2 € avalé au petit déjeuner ne se traduisent malheureusement pas seulement par une conséquence pécuniaire sur notre porte-monnaie : pollution, déforestation, gaspillage énergétique, conditions de travail inhumaines s'inscrivent en filigrane dans les étiquettes des biens et services que nous consommons.

L'ouvrage décortique certains éléments clés de notre consommation quasi-quotidienne : habillement, informatique, alimentation (café, jus d'orange, produits industriels contre production artisanale et locale), ameublement, voyages et transports. Pour chaque thématique on trouve un chapitre bien organisé et documenté (aperçu puis exposé précis du sujet, solutions et alternatives, perspectives).

Ce livre, que l'on lit avec un réel plaisir, regorge de chiffres et d'exemples précis et apporte une vision très juste d'un problème de fond : le "bon marché" n'a, dans les faits, rien de bon - ni pour notre santé - ni pour notre planète - ni pour les pauvres gens qui triment de l'autre côté du globe.

S'il faut toutefois faire une critique, je dirais que je n'ai pas été un très grand fan du style employé : presque trop sympathique et jovial, il donne parfois plus l'impression d'une conversation entre amis autour d'un picon-bière que d'une analyse journalistique sérieuse. Cette sensation se limite toutefois à quelques rares passages. Je reste, bien sûr, mal placé pour émettre ce type de remarque car je suis le premier à inonder mes billets de boutades inutiles.

Au risque de me répéter, n'achetez pas ce livre si vous êtes parisien car je le prêterai avec plaisir. Amis de la campagne, par contre, ruez-vous chez votre libraire !

vendredi 18 décembre 2009

Shopecolo : comparateur de prix responsable

Un nouveau site qui, à mon sens, mérite que vous alliez y passer quelques clics, vient d'apparaître sur la toile. Shopecolo est un comparateur de prix centré sur le développement durable. Une sorte de de kelkoo, twenga ou achetezfacile spécialisé dans les articles bio, produits écologiques, équitables et responsables.

Sans prétention d’exhaustivité, ShopEcolo propose une sélection de produits issue de ses partenaires marchands, permettant de faciliter vos choix et vos démarches d’achats écologiques et responsables, de vous aider à réduire votre empreinte écologique et faire au quotidien des gestes qui pourront participer à la sauvegarde de notre planète.
A l’écoute de ses visiteurs, ShopEcolo.fr est également un site communautaire où chacun peut contribuer à l’amélioration des services en toute convivialité : déposer des avis sur les produits et les marchands, échanger et commenter les sujets d’actualité...

Le site est joli, clair et bien organisé. Il ne clignote pas de tous les côtés, ne grouille pas de publicités intrusives.
Presque reposant pour les yeux, il donne envie de s'attarder un peu sur les lieux. J'espère que ce design sobre, efficace et élégant perdurera.

Les produits, classés par catégories (Loisirs & High Tech, Beauté & bien être, Bébé bio, Mode éthique, Maison & Jardin, Alimentation), sont très correctement présentés (photo, descriptif fourni, labels verts associés, avis, etc.). Une fois un objet sélectionné, on peut voir en un clin d'œil quelles boutiques en ligne le proposent, à quel tarif.

Une rubrique [Réductions] permettant de trouver quelques codes promotionnels fonctionnant chez les partenaires du site et un vrai blog, déjà largement fourni en actualités vertes, complètent la collection.

vendredi 11 décembre 2009

La face cachée des piles

Je vous invitais, dans un billet précédent, à éviter d'acheter pour Noël des jouets fonctionnant à l'aide de piles.
Pourquoi ? Parce que, n'en déplaise au petit lapin rose, nos chères piles et autres batteries sont extrêmement nocives si elles ne sont pas recyclées correctement : leur incinération dégage des métaux lourds (mercure, nickel, plomb) dans l'atmosphère qui peuvent être alors assimilés par tout organisme vivant. Ces composés sont largement toxiques. Pour mémoire, la catastrophe environnementale de Minamata, dans les années cinquante au sud-ouest du Japon, est due à une intoxication importante aux composés de mercure (13000 malades ou victimes reconnus). Voulez-vous que je vous resserve une part de dorade nickelée ou préférez-vous recycler vos vieilles Duracells ?

Malheureusement, nous ne recyclons pas ou, du moins, pas suffisamment nos piles. Les postes de collecte sont désormais nombreux (centres commerciaux, pharmacies, entreprises) mais, selon l’Ademe, 2/3 des piles et batteries ne sont toujours pas recyclées. Hors, les Français en consomment presque un milliard par an, dont la plus grande partie termine donc à la décharge.

Aussi, mieux que le recyclage (qui se traduit visiblement dans les faits par l'oubli de recyclage), je vous invite à opter pour un chargeur et des piles rechargeables. En effet, une étude réalisée en 2007 par Bio Intelligence Service montre que les piles rechargeables ont un impact considérablement moindre sur l’environnement que leurs homologues jetables :

  • 30 fois moins de pollution de l’air,
  • 28 fois moins de gaz à effet de serre,
  • 23 fois moins de ressources naturelles non renouvelables,
  • 12 fois moins de pollution de l’eau,
  • 9 fois mois d’impact sur l’acidification de l’air.

Par contre, ne faîtes pas comme j'ai fait il y a quelques années, n'achetez pas un chargeur entrée de gamme, qui ne fonctionnera qu'une poignée de semaines, et anéantira rapidement toute pile insérée. Un bon appareil, associé à des accumulateurs fiables (de 2500 mAh par exemple), vous assureront de 200 à 1000 cycles de charge. Le tout sera rentabilisé en une dizaine de recharges. Un chargeur à retenir disposera :

  • de circuits de charge indépendants (nombreux modèles font une recharge par paire, néfaste à la batterie la plus faible),
  • de la possibilité prendre en compte la majorité des formats de piles (R3 ou AAA, R6 ou AA, R14, R20, 9V) et les différents types d'accumulateurs (nimh, nicd),
  • d'un témoin / testeur de charge,
  • d'un système de protection contre les surcharges, les courts-circuits et l'inversion de polarité,
  • ...

J'ai même lu, par ailleurs, qu'il existera peut-être bientôt des piles rechargeables solaires.
En effet, le designer Indakind aurait de déposé un brevet pour un autocollant intégrant des panneaux souples pouvant être enroulés autour de n’importe quelle batterie rechargeable pour lui permettre d'exploiter l’énergie du soleil. A voir si ce concept, une fois mis en place, se révélera réellement efficace.

Sources :
http://www.buzzecolo.com/2009/11/un-concept-de-piles-rechargeables-solaires-o0
http://www.greenit.fr/article/energie/piles-rechargeables-32-fois-moins-nocives-pour-lenvironnement
http://www.actualites-news-environnement.com/12847-Impact-environnement-piles-jetables-rechargeables.html

lundi 30 novembre 2009

Encore Noël

Cette fois-ci, je suis prêt à reconnaître que Noël approche (CF ce précédent billet) :
demain matin, les "p'tits n'enfants", avides de chocolat, ouvriront la première case de leur calendrier de l'Avent.
Voici, pêle-mêle, quelques news que j'ai pu glaner, sur le thème d'un Noël plus vert :

Illuminations écologiques

Lu sur le site du JDD :

Depuis lundi, Paris a revêtu ses habits de lumière à l'occasion des fêtes de fin d'année. 125 rues parisiennes seront éclairées par environ 200 km de guirlandes électriques et autres ampoules. Mais pas n'importe lesquelles: depuis 2008 seules les LED (diodes électroluminescentes), moins consommatrices en énergie sont utilisées. Une manière de réduire les coûts des illuminations, jugés exorbitants par de nombreuses associations écologiques.

Guide WCEF des jouets 2009

L’association Women in Europe for a Common Future (WECF), propose en téléchargement son guide d'achat de jouets afin de vous aider à choisir des jouets plus écologiques, plus sains, plus sûrs et surtout non toxiques.

Ce guide peut être téléchargé gratuitement ici.

Cadeaux pour graines d'écologistes

La marque BUKI propose une gamme de jeux qui peuvent permettre d'initier les enfants aux énergies renouvelables tout en leur faisant passer du bon temps :

  • L'éolienne à monter soi-même :
    2 éoliennes géantes à monter (l’une de 3 pales, la seconde de 6 pales - 1 mètre environ). Elle peuvent charger une pile LR6 rechargeable ou allumer une diode. Les petits découvriront qu’avec la force du vent, les hélices tournent et actionnent la dynamo qui produit de l’électricité.
  • Le jeu de construction de véhicules solaires :
    Pour sensibiliser d´une manière ludique à l'énergie solaire, voici un jeu de construction "renouvelable" : un manuel précis permet de construire 6 modèles de véhicules qui fonctionneront ensuite grâce à une pile rechargée par photo-voltaïsation ou avec un moteur à énergie solaire.

  • Les véhicules à eau :
    Découverte de l’énergie hydropneumatique. Ce coffret comprend tous les accessoires pour créer 5 modèles d’engins avec un moteur à eau sous pression et 8 modèles avec un moteur à réacteur à eau.

Ces jouets peuvent convenir à des enfants de 8 ans et plus. Disponibles sur le site 123famille.

Les plus attentifs me feront peut-être remarquer qu'il s'agit ici d'horreurs en plastique qui n'ont vraisemblablement aucune qualité écologique intrinsèque. Soit ! Leur caractère ludique et formateur vous permettra toutefois de les préférer à une poupée Barbante ou un robot Bioman (à moins que ce ne soit la figurine "force verte", bien sûr !).

mercredi 25 novembre 2009

Le bambou, panacée écologique ?

Tel le fennec traquant le poisson de sables, je suis perpétuellement à l'affut de nouvelles écologiques (1). Ainsi, je suis tombé sur un billet soulignant l'action de DELL (constructeur de matériel informatique) qui intègre désormais du bambou dans le packaging de certains de ses ordinateurs. Si cet article rappelait que les plants utilisés dans ce contexte respectent certains critères garantissant le caractère "vert" de l'opération, celui-ci m'a également remémoré une question que je m'étais posé il y a quelques temps, mais sur laquelle je ne m'étais pas encore pleinement penché : est-ce que le bambou est réellement écologique ou nous fait-on, une nouvelle fois, prendre des vessies pour des lanternes ?

Sorte de roseau dont il existe près de 1300 espèces, aux tailles, gabarits et propriétés différentes, le bambou est un matériau remarquable. Sa culture est relativement simple, du fait de sa croissance rapide et de sa résistance naturelle, et ne nécessite normalement pas d'usage de produits phytosanitaires (engrais ou pesticides). La plante a un impact très positif sur son écosystème traditionnel, limitant l'érosion, restaurant les sols appauvris, apportant ombre, fraicheur et humidité. Elle peut toutefois se montrer largement invasive si elle est implantée dans des zones inadéquates.

Solide, léger, facile à travailler et même comestible, le bambou a de très nombreuses utilisations. Des objets les plus simples (tuteurs, cannes à pêche), aux parquets, papiers et vêtements, jusqu'aux échafaudages, ponts et maisons, on le retrouve sous forme classique (roseau) ou fibreuse dans une multitude d'applications. Si sa culture est peu gourmande en produits chimiques, les traitements apportés lors des phases de transformation peuvent l'être largement (processus de blanchiment, d'extraction de viscose, teintures etc.).

La polyvalence du bambou, associée à l'aura verte dont il dispose, lui confère un statut de "star des matériaux" que certains mauvais poètes parviennent malheureusement à faire rimer avec "surexploitation", "déforestation" et "pollution".

Certaines races animales, parmi les plus menacées, dépendent directement de la plante. C'est le cas, par exemple, de certaines espèces de pandas et d'ours en Asie, de gorilles d'Afrique, de tapirs et d'oiseaux en Amazonie, de lémuriens et tortues à Madagascar.
S'il vous semble évident qu'il est aberrant de dépouiller nos voisins à quatre pattes pour faire des badines, des t-shirts et du papier, l'évidence ne saute pas aux yeux de tout le monde. La poule aux œufs d'or vert attirera systématiquement les plus vils renards, qui, ici au Laos ou là au Brésil, au mépris de tout bon sens, payeront 10$ à un gamin de 15 ans pour tailler en pièce la forêt de ses ancêtres afin d’y planter une espèce de roseau expansive, supplantant en deux saisons toute forme de culture locale.

Aussi, avant de se ruer sur un produit "made of bamboo", le consommateur averti aurait intérêt à vérifier si la matière première provient d'une exploitation raisonnée, maitrisée et contrôlée, ou si le roseau a été tranché par des "gougnafiers" au sein d'une bambouseraie séculaire.
S'impose, alors, une nouvelle question : a-t-on, réellement, la possibilité contrôler l'origine du produit ?
A mon avis, c'est actuellement bien difficile. La seule solution semble de retenir les rares objets qui arborent des labels garantissant une conception biologique et le respect de critères sociaux dans la chaine de production (Max Halevaar, Oeko-Tex Standard, Eco Label…)

Finalement, l'opinion que je me suis forgée est mitigée : le bambou est une plante formidable à la merci de la bêtise humaine. Cultivée avec intelligence, elle ferait des miracles, exploitée pour l'appât du gain, elle sera à l'origine d'une catastrophe écologique de plus.


(1) Doux Jésus, qu'est-ce donc que cette introduction digne d'un roman de la collection Arlequin ?

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