A mon avis, si on raisonne en termes de consommation responsable, il y a trois familles de consommateurs :

  • Le consommateur classique, type néo-eighties, dont la mécanique basique est "j'ai besoin, j'achète" et même souvent "je vois, j'achète". Fils de pub, acheteur massif, friand de bonnes affaires, son choix se portera :
    - sur les produits les plus tendances
    - sur les produits les moins chers
    - sur les produits au packaging léché.
    Se sentant peu concerné pas l'environnement, ou remettant régulièrement la réflexion sur ce sujet à plus tard, il n'évalue jamais les conséquences écologiques de ses achats.
  • Le consommateur sensibilisé aux problèmes écologiques. Ancien acheteur irresponsable, il réalise désormais que si le monde continue à fonctionner de la sorte, ses petits enfants iront à l'école avec des masques à gaz ou seront champions de volley-ball grâce à leur deuxième paire de bras. Il réfléchit un peu plus lors de ses emplettes et opte volontiers :
    - pour des produits "bio"
    - pour des produits estampillés par un label quelconque (Max Havelaar & autres)
    - pour de l'électroménager classe A ou une voiture rejetant moins de 100g de CO2.

    C'est déjà une très bonne chose de voir se transformer des acheteurs pollueurs en consommateurs conscients.
    Reste ensuite un petit bout de chemin à parcourir pour réellement préserver la planète.
    En effet, ce type de consommateur est bien souvent pragmatique et raisonne au présent.
    La réflexion ce limite la plupart du temps à :
    - Lequel de ces produits est le plus sain?
    - Est-ce que j'ajoute 30cts d'euros pour prendre le café labellisé commerce équitable?
    - Est-ce la saison des melons en décembre?

    Ce sont déjà des questions intéressantes, mais sont-elle suffisantes?
  • Le consommateur éco-responsable a pris conscience que tout acte à des conséquences sur l'environnement et sur la vie des hommes. Il mesure pour chaque achat son impact écologique et social.
    Il raisonne en termes de besoin réel et de cycle de vie des produits :
    - Réflexions sur le besoin :
       - A-t-on réellement besoin de cet objet? Ne fera-t-il pas double emploi?
       - En cas de renouvellement d'un produit, ne peut-on encore patienter jusqu'à l'usure définitive du précédent?
       - Peut-on trouver l'objet sur le marché de l'occasion?
    - Réflexions sur le cycle de vie (passé / présent / futur) :
       - Où et comment a été fabriqué le produit?
       - Nocivité sa composition? Production éthiquement responsable? Utilisation de matières recyclables?
       - Est-ce que l'objet a fait 10 000km pour rejoindre le magasin?
       - A quoi servent ces 3 couches d'emballage?
       - Comment et pourquoi vais-je utiliser le produit?
       - Quelle est la consommation d'énergie liée à son utilisation? Production de C02? Rejets chimiques?
       - Y aura-t-il réutilisation, don ou recyclage possible en fin de vie de l'objet?
       - Quel est le caractère polluant de celui-ci? Quels seront les coûts et impacts du retraitement?
    (La notion de cycle de vie d'un produit mériterait un billet à part entière. J'essaierais de m'y atteler.)
    Le consommateur responsable choisira ainsi un produit dont il a réellement besoin, qui a eu un impact modéré sur l'environnement pendant ses phases de conception, construction et distribution, qui reste économe au quotidien et qui sera facile à recycler.

Il faut toutefois noter qu'être un consommateur responsable demande un réel travail sur soi-même et une réflexion conséquente avant tout achat. Comme souvent, il est plus facile de faire la leçon qu'appliquer les concepts énoncés.

A titre personnel, je ne suis malheureusement pas convaincu d'en être arrivé au stade définitif de l'éco-consommateur.
Abreuvé pendant 30 ans de publicités alléchantes, vite abêti par la lumière vive et les rayonnages sans fin des hypermarchés,
il m'arrive bien souvent de craquer pour une cochonnerie inutile, polluante, noyée sous les emballages plastiques.
La réponse pourrait être de ne pas aller faire mes courses en supermarché... Mais là aussi, je suis faible !
Bien consommer n'est pas une tâche facile ! Tâchons tous de nous améliorer.