Force Verte

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mardi 19 janvier 2010

Un processeur à 48 cœurs

Intel a présenté début décembre à Braunschweig, en Allemagne, un prototype de processeur doté de 48 cœurs, soit dix à vingt fois plus de moteurs de traitements que la plupart des processeurs actuels.

Le prototype, dont le nom de code est "RockCreek", est gravé en 45 nm et comporte 1,3 milliard de transistors pour une surface de 576 mm². Il est équipé de 48 cœurs X86, agencés en 24 unités binomiales. Il s'agit ici du plus grand nombre de cœurs de traitement programmables jamais intégrés sur une puce de silicium. A titre d'exemple, la nouvelle gamme de processeurs Intel Core disponible actuellement est dotée, au mieux, de six ou huit cœurs.

Les labos d'Intel ont surnommé cette nouvelle architecture "single-chip cloud computer" ("ordinateur monopuce nébuleux") car elle ressemble à l'agencement des centres de données utilisés dans le cadre de mise en commun de ressources informatiques distribuées ("nuage virtuel" ou "cloud computing").
Chacun des cœurs, susceptible de réaliser une étape d'un processus calculatoire riche ou complexe, est connecté aux autres par un réseau ultra rapide (256 Go/s). Les données sont alors véhiculées entre les unités de traitements internes de la puce, réduisant ainsi le recours à la mémoire externe, forcément plus lente.

Les applications peuvent gérer dynamiquement les cœurs à utiliser : certains pouvant travailler en groupe sur une tâche alors d'autres réalisent des opérations connexes. Des traitements peuvent ainsi être réalisés sur des cœurs voisins pour transmettre leurs résultats aux unités suivantes, simulant en quelque sorte une chaîne de production et maximisant donc les performances globales. Ce contrôle logiciel permet également de gérer, au plus fin, les tensions et fréquences d'horloge. Les cœurs peuvent, individuellement, s'éteindre, s'allumer et régler leur niveau de performances, en s'adaptant ainsi en continu pour utiliser le minimum d'énergie.
En conséquence, la consommation électrique de ce prototype est réellement remarquable compte tenu de ses capacités phénoménales : une puissance consommée d’à peine 25 watts au ralenti et de125 watts en fonctionnement maximum, soit autant que les processeurs actuels (à titre d'exemple, le Core i7 2.8 GHz des iMacs 27" utilise 95 watts).

Sur le papier, cette technologie pourrait révolutionner les architectures des datacenters dites en "nuage", en centralisant les ressources de calcul au sein d'une puce surpuissante et en ne déplaçant les données exploitées que de quelques nm ou mm au lieu de les distribuer via réseau standard entre plusieurs ordinateurs.

Avant toutefois de s'emballer, rappelons qu'il s'agit encore d'un prototype. Intel n'a pas communiqué de chiffres précis sur les performances exactes de la puce. L'objectif était d'initier une réflexion sur les architectures des processeurs à venir, et d'imaginer la centralisation de calculs, jusqu'à présent distribués, sur des machines aussi puissantes que sobres énergétiquement. L'hypothèse de pouvoir intégrer jusqu'à 100 cœurs voire plus a même été évoquée.

samedi 16 janvier 2010

Un téléphone solaire en page d'accueil de Yahoo!

Voici le type de nouvelle que j'aime voir sur la page principale de Yahoo! :

Un petit regret toutefois, la news n'est restée en "tête de gondole" que quelques heures. Ce soir, je ne la trouve plus.

vendredi 15 janvier 2010

L’équation vertueuse

Si on prend la peine d’y réfléchir, on s’aperçoit que l’équation suivante se vérifie souvent :
Bon pour la planète [BP] = bon pour mes finances [BF] = bon pour ma santé [BS]

Je me passionne pour ce sujet depuis très longtemps et j’ai développé une stratégie d’écogestes pour collectionner un maximum de [B]. Il y a quelques années ces comportements passaient pour farfelus voire ringards. Heureusement, c’est devenu "tendance" et chacun peut se vanter désormais de ses bons plans écolos ! Alors en voici quelques uns, pas tous inédits mais que j’ai dûment éprouvés.

Le ménage

Exit les produits chers et bourrés de produits chimiques aux incidences douteuses à long terme sur la santé et sur l’environnement [BP /  BS] ! Mes achats se limitent alors à du [BF] :

  • Savon de Marseille.
  • Vinaigre blanc.
  • Chiffons et serpillères en micro-fibre de bonne qualité (Ça c’est relativement nouveau ! Pas bio-dégradable mais très performant pour nettoyer et d’une très longue durée d’utilisation),
  • essence de lavandin (sent bon et désinfecte les sanitaires, poubelles…). Je bannis les parfums chimiques dont les fragrances sont généralement issues de la pétrochimie.
  • Pâte blanche (à base d’argile, nettoie et fait briller sanitaires, plastiques, stratifiés, métaux…) aussi appelée pierre d'argile, d'éclat, magique etc.

Je stocke les serviettes de table en papier utilisées si elles sont encore propres pour essuyer les vitres, outils de jardin… économisant ainsi les achats d’essuie tout [BP / BF].

Puisque la plupart des magasins donnent encore des sacs plastiques (façon de parler puisque cela est répercuté dans les prix), je les utilise comme sacs poubelle [BF].

Le jardin

Je composte mes déchets et élimine mes mauvaises herbes à l’ancienne (binette et arrachage manuel). Sauf absolue nécessité, je n’achète pas de produits de jardinage chimiques [BP / BF / BS]. Pour l’instant mon jardin n’a pas l’air d’en souffrir.

Hygiène et beauté

Pour la toilette : le savon est aussi efficace et agréable que le gel douche. Il est plus économique [BF] et on évite ainsi le contenant plastique [BP]. Je conserve cependant  le gel pour le nettoyage des mains car plus hygiénique (exit le savon douteux sur le bord du lavabo !).

Pour entretenir la peau : il faut réaliser qu’elle absorbe littéralement les crèmes, qui passent alors dans notre organisme. On ne devrait donc utiliser que des produits comestibles. Les crèmes de soin "industrielles" sont chères car il faut payer la recherche et développement du fabriquant. Mais elles sont surtout pleines de produits potentiellement toxiques à long terme. Par exemple, le fameux conservateur paraben (et ses dérivés), quasiment omniprésent, est suspecté de favoriser l’emballement hormonal et les cancers associés. Les crèmes "bio" sont plus rassurantes et souvent tout aussi efficaces. Toutefois les conservateurs y sont généralement remplacés par des huiles essentielles qui, bien que naturelles, peuvent causer des allergies. Chacun doit donc tester ce qui lui convient le mieux. Sans danger, à utiliser le soir (pas sous le maquillage !), toutes les huiles telles que jojoba, amande douce et onagre sont à retenir, ainsi que les eaux de fleurs comme l’eau de rose qui sont adoucissantes, hydratantes et nourrissantes. Tout cela est économique et bon pour la santé [BF / BS].

Concernant le parfum : je le réserve aux grandes occasions. La gamme bio est encore peu étoffée et les fragrances que j’ai testées ne tiennent pas suffisamment. Quant aux parfums classiques, ils contiennent des molécules de synthèse dont on peut redouter la nocivité (COV - Composés Organiques Volatils - et autres). En guise de déodorant, j’utilise la pierre d’alun naturelle (pas synthétique) efficace, non toxique et qui dure très longtemps. Là aussi, économie d’emballages par rapport aux « déo » classiques [BP / BF / BS]. Avec une bonne hygiène et ce déodorant sympathique, il n'y a aucune raison de craindre les mauvaises odeurs.


En fait, être éco-responsable s'avère être très amusant : se renseigner, tester, changer ses habitudes… On peut découvrir et mettre en pratique des écogestes sans rien abandonner en qualité de vie. Et quand on veut vous vendre quelque chose contraire aux [3 B], refusez en pensant à cette phrase de Coluche : "Si personne n’en achetait, ça ne se vendrait pas !"

- Florence pour Force Verte -

jeudi 14 janvier 2010

Gaspillage alimentaire : 30 à 40 % des denrées disponibles terminent à la poubelle

Je vous conseille lire cet excellent article du Monde : pourquoi le monde gaspille autant de nourriture ?
Voici quelques extraits qui m'ont édifié :

Une étude, parue dans la revue scientifique PLOS One de novembre, démontre que, chaque année, 40 % de l'alimentation disponible aux Etats-Unis est jetée. Ce gâchis entraîne la dilapidation d'un quart de l'eau douce consommée annuellement dans le pays (utilisée pour produire ces aliments) et de l'équivalent en énergie de 300 millions de barils de pétrole par an. Ces données confirment des estimations antérieures du gaspillage alimentaire dans les pays développés, évalué de 30 % à 40 % des denrées.

[...]

Dans les pays riches, l'essentiel des pertes a lieu "en bout de chaîne". La distribution rejette une partie des produits en fonction de critères esthétiques, et applique des marges de sécurité importantes sur les dates limites de consommation. Mais des pertes considérables ont également lieu dans la restauration collective et... dans les cuisines des particuliers. Une étude détaillée du contenu des poubelles en Grande-Bretagne, parue en novembre 2009, estime que 25 % des aliments achetés par les ménages sont jetés.

Je dois avouer que je ne pensais pas que le gaspillage de nourriture pouvait prendre une telle ampleur.
C'est à la fois scandaleux et dérangeant.

Scandaleux pour le milliard de personnes qui souffrent de la faim quotidiennement.
Scandaleux pour cette eau si précieuse que l'on consomme à pure perte.
Scandaleux pour cette énergie brulée pour du vent et ces pollutions connexes générées inutilement.

Dérangeant car nous sommes tous responsables. Moi le premier d'ailleurs !
Je grimace dès que je trouve dans mon réfrigérateur un pot de yaourt dont la date limite de consommation est dépassée. Il peut arriver que j'achète 2 kg de pommes mais que je n'ai le temps d'en croquer qu'une moitié avant que la seconde finisse blette. Fromage trop fait, légume un peu moisi, produit éventé, il ne doit pas y avoir une semaine sans que je ne sois complice de ce gaspillage de masse. On imagine benoitement que c'est une goutte d'eau dans l'océan, mais les chiffres avancés ici nous prouvent l'absolu contraire.
 
Dérangeant car, à titre individuel, il suffit de faire preuve d'un peu de bon sens et d'organisation pour minimiser le gâchis :
  • acheter en quantité raisonnable, correspondant à ses justes besoins,
  • planifier les menus de ses repas sur la semaine ou les jours à venir,
  • contrôler avec soin les dates des produits,
  • faire la différence entre DLC (date limite de consommation) et DLUO (date limite d'utilisation optimale - la denrée reste ensuite consommable, même si son aspect est légèrement modifié),
  • se méfier des conditionnements en lot,
  • etc.

Je vais essayer désormais de garder un œil attentif sur mon réfrigérateur et ses fragiles occupants.
Je vous invite, chers lecteurs, à faire de même.

mercredi 13 janvier 2010

Un km à pieds...

Je voudrais saluer aujourd'hui l'initiative de la banque d'investissement où je suis en mission depuis maintenant quelques mois.
Il a été mis en place, sur l'intranet du groupe, une petite application permettant aux collaborateurs de préciser par quel(s) moyen(s) de transport ils rejoignent leurs postes, et d'identifier ainsi quelles sont les émissions de GES associées à ces trajets quotidiens.

Cette "enquête transports", qui durera jusqu’au 22 janvier, fait partie du processus de reporting environnemental auquel le groupe prend part chaque année.
L'objectif est de mesurer l’impact sur l’environnement des principaux bureaux de la société, afin de pouvoir définir un plan d’action axé sur la réduction des émissions de CO2, la suppression des consommations inutiles, le tri et le recyclage des déchets.


Je constate encore au quotidien de nombreuses aberrations (impressions massives et peu utiles, ordinateurs fonctionnant jours et nuits, processus de recyclage des corbeilles à papier peu efficace etc.) mais ce type d’initiative, constituant les premiers pas vers une politique d'entreprise éco-responsable, me rassure quelque peu.

mardi 12 janvier 2010

Le consortium GreenTouch pour des réseaux plus économes

Bell Labs, l'unité de recherche de l'équipementier franco-américain Alcatel-Lucent, est à l'origine du consortium GreenTouch, en association avec des labos universitaires (MIT) et industriels (Freescale Semiconductor, SAIT, etc.), des constructeurs et opérateurs (AT&T, China Mobile, Portugal Telecom, SwissCom, Telefonica) et des organismes publics (CEA-LETI , INRIA, etc.)

Le consortium se donne 5 ans pour "créer les technologies nécessaires pour rendre les réseaux de communications 1.000 fois plus efficaces énergiquement qu'ils le sont aujourd'hui".
Ainsi, "la quantité d'énergie aujourd'hui nécessaire pour utiliser tous les réseaux, y compris l'internet, pendant une seule journée permettra de faire fonctionner ces mêmes réseaux pendant trois ans".
Leurs premières estimations avancent que les réseaux TIC actuels pourraient être 10.000 fois plus efficaces en optimisant l'intégralité des éléments composant le maillage du réseau (optique, radio, électronique, traitement, routage, architecture, etc.) et en misant majoritairement sur des solutions "wireless" (sans fil).
"Ce consortium a cette mission spécifique d’aller bien au-delà des améliorations technologiques marginales pour exploiter les innovations et les savoir-faire du monde entier afin de réaliser les percées nécessaires à la réduction des émissions de carbone dans les TIC", a déclaré Gee Rittenhouse, le directeur de ce nouveau programme.

Cette initiative, visant à réduire drastiquement l'impact écologique des télécommunications, est une excellente nouvelle. Espérons qu'il ne s'agisse pas ici d'un simple effet d'annonce et que cette coopération entre les acteurs les plus influents du monde des réseaux atteigne ces ambitieux objectifs. Ce sera alors un grand pas de fait pour le GreenIT.

lundi 11 janvier 2010

Un téléphone qui carbure au cola ?

Je suis tombé sur une nouvelle amusante, pour laquelle je n'ai pas été capable de trancher s'il s'agissait d'une vraie information ou d'un honteux canular.

Le designer Daizi Zheng serait à l'origine d'un téléphone novateur et (vraisemblablement) écolo, qui intègre une batterie produisant de l'énergie à partir de soda.
Ce système utilise un procédé enzymatique, capable d'oxyder les hydrates de carbone contenues dans les glucides du breuvage, pour générer l'électricité nécessaire au fonctionnement de l'appareil. Une fois le réservoir empli d'une dose correcte de nectar sucré, l’autonomie pourrait alors être 4 fois supérieure à celle d'une batterie lithium.

J'ai d'abord cru au hoax (canular sur internet) car :
- selon la source, le designer est chinois ou britannique !
- il s'agit de l'implémentation technique d’un processus chimico-scientifique. L'histoire ne précise guère le rôle de notre designer dans cette innovation… S'agit-il d'une simple idée ? D'une ébauche de design ? D'un vrai prototype ?

En approfondissant les recherches, je suis tombé sur cet article, qui semble prouver que le procédé scientifique décrit existe réellement : identifié, mis en pratique et breveté en 2007 par des chercheurs l'université de Saint Louis.

Le Nokia-Cola existe-t-il ? Mystère... Mais s'il n'est pas, il ne saurait tarder !

Copenhague pour les nuls

On m'a demandé à plusieurs reprises pourquoi je n'avais pas fait de billet relatif au récent échec du sommet de Copenhague. En fait, je ne voyais par de raison particulière pour revenir sur cet accord décoratif, vide de tout intérêt, et sur les simagrées et gesticulations qui l'ont précédé. Si toutefois vous m'en demandez un bref résumé, la tâche est facile et peut se réduire à ces quelques lignes :

L'accord de Copenhague pour les nuls (ou plutôt "par les nuls")

  • Ce serait bien que la température n'augmente pas de plus de 2°C.
  • Ce serait bien d'aider les  pays en développement à s'adapter aux impacts du réchauffement.
  • Ne nous mettons pas immédiatement de contraintes chiffrées : les pays industrialisés communiqueront en janvier leurs objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre à horizon 2020. Si ces engagements pouvaient être mesurables voire vérifiables, ce serait mieux...

Pour ceux qui voudraient encore en savoir plus, une traduction de ce mémorable accord de trois pages, compilant quinze jours de boulot (de disputes ?) de quelques milliers de personnes en terre danoise, est accessible ici.

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