Force Verte

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jeudi 21 janvier 2010

Quelques bons mots

Qu'il est commode et élégant d'avoir recours aux citations !
En société, lors d'un diner mondain par exemple, l'énoncé d'un trait d'esprit de l'un de nos remarquables prédécesseurs ou de l'un de nos brillants contemporains fait généralement sensation, laissant entendre à l'assistance l'étendue immense de votre infinie culture. De même, dans un écrit, si un paragraphe vous semble mal équilibré ou peu étayé, l'usage d'une éloquente référence meublera partiellement la faiblesse d'un raisonnement.
Aussi, pour ceux qui auraient besoin de se construire un petit catalogue de citations "vertes", ou bien, plus simplement, pour tous les amateurs de bons mots, j'ai centralisé ci-après quelques illustres pensées en relation (plus ou moins évidente) avec l'écologie et la place de l'homme dans la nature :

La Terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la Terre.
[Sitting Bull]

Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité.
[Gandhi]

Agissez pour ce monde comme si vous deviez vivre mille ans, et pour l'autre comme si vous deviez mourir demain.
[Mahomet]

- C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas.
- L'homme fort dit : je suis. Et il a raison. Il est. L'homme médiocre dit également : je suis. Et lui aussi a raison. Il suit.
[Victor Hugo]

Ce sont les petites précautions qui conservent les grandes vertus.
[Jean-Jacques Rousseau]

Bêtise humaine. "Humaine" est de trop : il n'y a que les hommes qui soient bêtes.
[Jules Renard]

Usez, n'abusez pas ; ni l'abstinence ni l'excès ne rendent un homme heureux.
[Voltaire]

Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.
[François René de Chateaubriand]

La terre s'est imposée l'homme pour châtiment.
[Pablo Neruda]

Du temps que les femmes ne votaient pas, on faisait la guerre pour elles. Maintenant qu'elles votent, on la fait pour le pétrole. Est-ce un progrès ?
[Boris Vian]

La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle.
[Antoine de Saint-Exupéry]

- Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.          
- Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.
- Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité.
[Albert Einstein]

L'homme est un loup pour l'homme, ce qui, vous en conviendrez, n'est pas très gentil pour le loup.
[Serge Bouchard]

Si l'on pouvait croiser l'homme et le chat, ça améliorerait l'homme, mais ça dégraderait le chat.
[Mark Twain]

Le pétrole me paraît très nettement être l'odeur la plus parfaite du désespoir humain, si le désespoir humain a une odeur.
[Pierre Mac Orlan]

L'homme est un être raisonnable, mais les hommes le sont-ils ?
[Raymond Aron]

La sauvegarde de notre monde humain n'est nulle part ailleurs que dans le coeur humain, la pensée humaine, la responsabilité humaine.
[Vaclav Havel]

- L'homme est le seul animal qui rougisse ; c'est d'ailleurs le seul animal qui ait à rougir de quelque chose.
- L'homme raisonnable s'adapte au monde ; l'homme déraisonnable s'obstine à essayer d'adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l'homme déraisonnable.
[George Bernard Shaw]

L'homme n'a besoin que de trois mètres de terre. L'homme ? Non, le cadavre. L'homme a besoin du globe terrestre tout entier.
[Anton Tchekhov]

L'homme est un animal aux instincts de survie primitifs : son ingéniosité s'est donc développée d'abord, et son âme ensuite.
[Charlie Chaplin]

Pour qu'un écologiste soit élu président, il faudrait que les arbres votent.
[Coluche]

- Chaque minute en Amazonie, on déboise l'équivalent de 60 terrains de football. C'est un peu idiot, il n'y aura jamais assez de joueurs.
- Le 1er janvier 1945 à Hiroshima, les gens s'étaient souhaité une bonne et heureuse année.
- Contrairement aux chasseurs qui, eux, ne sont pas des lapins, les pollueurs, eux, sont des ordures.
- Dans le passé, il y avait plus de futur que maintenant.
- Certains déchets nucléaires produits dans les années 60 resteront dangereux pendant un demi million d'années. Pour ceux qui sont produits maintenant, il faudra compter 30 ans de plus.
- Les types qui déboisent la forêt amazonienne acceptent enfin de faire un geste pour l'environnement. Désormais, ils mettront de l'essence sans plomb dans leurs tronçonneuses.
[Philippe Geluck]

Il existe certainement des dizaines d'autres citations qui pourraient s'ajouter à cette collection. N'hésitez pas à la compléter par vos commentaires.

dimanche 27 décembre 2009

De la consommation à la consomm'action

J'ai profité de cette période de calme bienheureux de l'entre-deux fêtes pour terminer un livre que j'avais entamé il y a quelques semaines : De la consommation à la consomm'action, les coûts cachés du quotidien  par René Longet (avec la collaboration de feue Muriel Lardi), aux éditions Jouvence.

L'ouvrage met en lumière de façon claire et juste les coûts cachés de certaines actions anodines de notre quotidien d'occidental. Le jean payé 75€ que l'on enfile à la va-vite et le jus d'orange à 2 € avalé au petit déjeuner ne se traduisent malheureusement pas seulement par une conséquence pécuniaire sur notre porte-monnaie : pollution, déforestation, gaspillage énergétique, conditions de travail inhumaines s'inscrivent en filigrane dans les étiquettes des biens et services que nous consommons.

L'ouvrage décortique certains éléments clés de notre consommation quasi-quotidienne : habillement, informatique, alimentation (café, jus d'orange, produits industriels contre production artisanale et locale), ameublement, voyages et transports. Pour chaque thématique on trouve un chapitre bien organisé et documenté (aperçu puis exposé précis du sujet, solutions et alternatives, perspectives).

Ce livre, que l'on lit avec un réel plaisir, regorge de chiffres et d'exemples précis et apporte une vision très juste d'un problème de fond : le "bon marché" n'a, dans les faits, rien de bon - ni pour notre santé - ni pour notre planète - ni pour les pauvres gens qui triment de l'autre côté du globe.

S'il faut toutefois faire une critique, je dirais que je n'ai pas été un très grand fan du style employé : presque trop sympathique et jovial, il donne parfois plus l'impression d'une conversation entre amis autour d'un picon-bière que d'une analyse journalistique sérieuse. Cette sensation se limite toutefois à quelques rares passages. Je reste, bien sûr, mal placé pour émettre ce type de remarque car je suis le premier à inonder mes billets de boutades inutiles.

Au risque de me répéter, n'achetez pas ce livre si vous êtes parisien car je le prêterai avec plaisir. Amis de la campagne, par contre, ruez-vous chez votre libraire !

vendredi 20 novembre 2009

Climat en débat, pour en finir avec les idées reçues

Je viens de finir Climat en débat, pour en finir avec les idées reçues de Caroline de Malet, journaliste au Figaro, en charge depuis une  dizaine d'années des questions liées à l’environnement.

Ce livre fait un point sur la question du réchauffement de notre planète.
Explicitant les avis et arguments des divers acteurs impliqués dans les débats sur le sujet (des sceptiques les plus bornés au plus fervents écologistes, des influents lobbys aux influençables médias), détaillant les vérités, contre-vérités et réalités scientifiques de la situation climatique, l'auteur fait un tour d'horizon de cette problématique complexe.

Malgré un style et une mise en forme assez scolaires (j'ai eu la sensation de me plonger dans un support de cours polycopié pour étudiant en cycle supérieur) et un premier chapitre assez soporifique, j'ai apprécié cet ouvrage. Caroline de Malet dresse un ici un tableau précis du panorama environnemental actuel.

Le livre, vraisemblablement rédigé en 2008, est très logiquement ancré dans son époque avec, par exemple, de larges références à l'administration Bush. Je vous conseille donc de lire celui-ci avant que les éléments qu'il expose ne soient rendus obsolètes par l'actualité.  Espérons même que ces éléments soient rapidement déclassés par un succès du futur sommet de Copenhague ou bien par d'extraordinaires mesures prises par M. Obama et l'ensemble des dirigeants des diverses puissances mondiales.

Cette fois encore je prêterai avec plaisir ce livre, publié aux éditions lignes de repères, à toute personne intéressée.

mercredi 11 novembre 2009

Le monde selon Monsanto

J'ai lu (enfin dévoré) récemment l'ouvrage de Marie-Monique Robin intitulé Le monde selon Monsanto. Ce livre fait écho au reportage du même nom réalisé par la journaliste, diffusé en France sur Arte l'année dernière (disponible désormais en DVD).

Monsanto est une entreprise américaine, implantée à Saint Louis (Missouri). A sa création en 1901 et durant une bonne partie du 20e siècle, son activité était centrée sur le secteur des produits chimiques. Elle est désormais spécialisée dans les biotechnologies végétales et apparaît comme le leader mondial des semences génétiquement modifiées et des produits phytosanitaires associés.

Le livre nous dresse le portrait d'une société qui semble être "l'Aggripine moderne". Les PCB, la dioxine, les herbicides douteux, l'hormone de croissance bovine et enfin le couple Roundup / OGM, Monsanto est impliquée dans bon nombre de controverses sur la toxicité de ses produits.

A chaque nouvelle page, on hallucine : manque (absence ?) de contrôles malgré le caractère dangereux des éléments produits, mensonges et dissimulations, manipulation des organismes gouvernementaux et de l'opinion publique, lobbyisme outrancier, campagnes de désinformation, publicités trompeuses, dénigrement des rares personnes osant s'opposer voire pressions ou menaces exercées sur celles-ci... On a souvent l'impression de lire un bon roman policier, alors qu'il s'agit vraisemblablement de faits avérés.

J'ai préféré la première partie, centrée sur les pollutions chimiques "historiques" à la deuxième portion de l'ouvrage, axée sur les OGM. En effet, le sujet des organismes génétiquement modifiés étant assez récent, il est plus difficile de prendre le recul nécessaire pour se forger une opinion impartiale. Par contre, en ce qui concerne les PCB, la dioxine et l'agent orange, nul ne doute que ce sont des poisons hautement toxiques et la responsabilité (enfin l'irresponsabilité) de Monsanto a été démontrée scientifiquement et / ou juridiquement.

Au final, je ne trouve qu'un seul petit "hic" : la force, la virulence du livre en sont presque des faiblesses. L'ouvrage est complètement à charge et met une exergue une certaine forme de "théorie du complot", quasiment inattaquable : Monsanto tenterait de museler ou discréditer tout personne s'opposant à ses plans et grippant sa belle mécanique économique. J'y crois volontiers mais, somme toute, ça en fait presque trop : le tableau dressé est tellement noir que l'on n'y voit presque plus rien !
Si la société de Saint Louis se défend, elle vous ment. Si tel ou telle la protège, c'est un pantin manipulé. Toute attaque portée contre un anti-Monsanto est une machiavélique machination. C'est probablement la stricte vérité, mais ça ne laisse aucune marge de manœuvre à la défense du papa de Rex, le chien qui aime le Roundup dans son osso-buco. Et, ne pas laisser de place à quelqu'un pour se défendre, c'est presque le rendre sympathique.

Une nouvelle fois, si un voisin parisien est intéressé pour lire ce livre, je lui prête bien volontiers.

lundi 26 octobre 2009

L'Humanité disparaîtra, bon débarras !

Pour rebondir sur mon dernier billet, qui présentait un article de La Tribune opposant les partisans d’une croissance verte largement « profitable » aux écologistes régressistes, je vous propose aujourd'hui de vous intéresser au livre d' Yves Paccalet : L'Humanité disparaîtra, bon débarras ! (en édition de poche chez J'AI LU pour 4,80€).

L'ancien compagnon du commandant Cousteau exprime dans ce pamphlet rageur son amour de la nature, son engagement pour protéger celle-ci mais surtout ses déceptions écologiques qui se sont, avec le temps, muées en quasi haine de l'humanité. Le ton est satyrique, cruellement réaliste et sincèrement pessimiste.
L'être humain, que l'auteur voit comme une forme de cancer, de parasite pour la planète, est voué à disparaître noyé, affamé, asphyxié par sa propre bêtise.

Cet essai ne fait pas l'unanimité. Les avis que j'ai trouvés sur le Net sont soit dithyrambiques soit copieusement navrés.
Pour ma part, même si je n'adhère pas à tous les passages (par exemple, le quatrième chapitre nous resservant une petite bolée de nazisme m'a un peu gêné), j'ai lu avec un certain plaisir cette grande gifle verte, rédigée d'une plume acide.

Soyez verts jusqu'au bout : n'achetez pas ce livre si vous habitez ou travaillez en région parisienne. Contactez moi, je vous le prêterai (donnerai?) avec plaisir. Je pense que M. Paccalet ne trouvera rien à redire à notre petit troc écolo !