Force Verte

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mardi 16 février 2010

Réflexions autour d'un sandwich au poulet

Ce midi, je me suis retrouvé face à une situation peu banale. Revenant, le pas alerte, d'acheter mon sandwich (quasi) quotidien, je croise sur l'esplanade de La Défense un homme à l'allure fatiguée, qui m'arrête.

- Excusez-moi monsieur...
- Oui ?
- mmama mezemez fin memeze puimoi jou. (Je n'ai pas compris ce qu'il m'a dit.)
- Pardon ?
- J'ai faim, je n'ai pas mangé depuis trois jours, est-ce que vous pourriez me dépanner ?
- Euh... Je n'ai pas d'argent liquide là, mais si vous voulez, je vous donne mon sandwich, j'en prendrai un autre plus tard.

Très fier de mon effet, j'attends, les yeux pétillants, la réponse de l'affamé.

- Ah, euh non. Je suis diabétique, je ne peux pas manger n'importe quoi !
- Bon, et bien tant pis pour vous alors….
- Oui, au revoir.

Cette situation, assez burlesque, m'a laissé songeur.
Mon sandwich poulet-crudités pouvait convenir, à mon sens, à tout diabétique qui se respecte, je ne doute donc pas que le pauvre homme n'avait d'appétit que pour la piécette que j'aurais pu céder.

Revenu à mon poste, je croque mon casse-croute en surfant sur le Net, en quête de news à vous présenter dans les jours à venir, quand, à la vue de la page d'accueil du moteur de recherche dont je vous ai fait part récemment, je me pose la question suivante : "Est-ce que Ecosia ne me joue pas le même scénario que mon SDF de tout à l'heure, en jouant sur l'affectif pour faire du pognon ?".

J'ai alors un peu creusé le sujet, sans heureusement trouver rien d'accablant.
Rien d'étonnant d'ailleurs, car s'il y avait eu des éléments évidents prouvant que ce type de site était une arnaque, je les aurais vraisemblablement identifiés dès la rédaction de mon premier billet.

Un seul fait m'a un peu surpris : l'équipe de Wittenberg à l'origine d'Ecosia est également en charge de deux autres moteurs de recherches verts - forestle (CF l'adresse sur cette page) et znout (CF ici).
Pourquoi créer plusieurs moteurs pour différents causes, plutôt qu'un seul dispatchant ses dons à diverses associations ? Est-ce simplement un moyen de dissocier des projets distincts en mutualisant plateformes et compétences ? Probablement, mais je dois avouer que j'apprécierais un peu plus de transparence.

Quelque part, on pourrait me dire qu'il est un peu ridicule de se montrer si tatillon alors que le choix et l'utilisation quotidienne d'un moteur de recherche ne coûte rien. Rien vous dîtes ? A moi, oui. Mais à la planète ?
La mise en place de serveurs, pour dupliquer un service déjà existant, n'est pas négligeable en termes d'impact environnemental. Toute compensation carbone associée est louable, mais ne sera jamais aussi efficace que l'absence complète de cette redondance.

Personnellement, je vais continuer à utiliser le dit moteur vert pour mes recherches classiques, car il s'annonce comme carbo-compensé et j'adhère pleinement à la cause qu'il met en avant. Ceci dit, au moindre doute, signe de défaillance ou odeur d'entourloupe, je retournerai cliquer chez le monstre de Moutain View.

De plus, pour conclure, je vous propose ci-après une liste d’autres solutions de recherche, théoriquement "green" :

Forestle : l'autre sauveur de forêt tropicale, par tranche de 0,1 m².
Veosearch : dons à l'association choisie par l'utilisateur.
Ethicle : plante des arbres. Partenariat avec Planète Urgence.
Ecocho : un autre éco-planteur.
Znout : basé sur google, neutre CO2.
Blackle : après le mouton, le moteur noir. Peu d'intérêt si vous disposez d'un moniteur LCD.

jeudi 11 février 2010

Ecosia : le moteur de recherche qui sauve la forêt amazonienne

Depuis la fin de l'année 2009, les internautes les plus verts peuvent utiliser le moteur de recherche Ecosia.
Fondé par Christian Kroll et basé à Wittenberg en Allemagne, ce nouveau moteur est associé à Yahoo et Bing pour proposer aux utilisateurs venus butiner de l'information des résultats de recherche pertinents. Quel est le plus de cette solution par rapport aux géants précités et au titan Google ? Ecosia reverse 80% de ses revenus à un programme de protection des forêts tropicales mené par le WWF dans la région de Juruena-Apui, au Brésil.

Aussi, chaque utilisation de ce nouveau moteur permettrait, statistiquement, de protéger presque 2m² de forêt amazonienne (plus d'informations ici ou ). Quand on se remémore que la déforestation est l’une des sources les plus importantes d’émissions de CO2 et que, chaque année, une surface de forêt tropicale équivalente à la moitié de la France métropolitaine disparaît sous les assauts du feu et des tronçonneuses, on se dit que toute initiative pour minimiser ce processus d'auto-destruction est bonne à prendre. Installons donc Ecosia en page d'accueil de notre navigateur internet ! Utilisons-le sans réserve, pour toute quête sur le web, et même - soyons fous ! - cliquons sur les liens commerciaux !

En plus d'être vert, l'outil est vraiment agréable à utiliser et présente une fonctionnalité intéressante (activable en option) : la prévisualisation, sous forme de vignettes, de sites présentés comme résultats de recherche.

Pour terminer de vous convaincre, je vous invite à visionner la petite vidéo de présentation élaborée par l'équipe en charge du projet. Certainement conçue pour être assimilée par un public aussi bien senior que junior, elle est un peu longuette et sonne vaguement comme un épisode de Dora l'Exploratrice. Elle complètera toutefois avec précision ma présentation.

lundi 23 novembre 2009

La Frênette

Je vous propose aujourd'hui un billet garni de cette douce nostalgie des souvenirs d'enfance.

Quand j'étais minot, j'aidais parfois mon grand-père à préparer de la frênette, une drôle de boisson à mi-chemin entre le cidre et un soda type "ginger ale" ou canada dry.

Je nous revois, en balade en forêt, à ramasser des feuilles de frêne à pleines poignées, que nous faisions ensuite bouillir dans une grosse marmite en y ajoutant divers ingrédients. J'avais alors l'impression de jouer à l'apprenti-sorcier, en compagnie de mon coquin d'aïeul. Après cuisson, nous filtrions la surprenante mixture avant de la verser dans un petit tonneau entreposé dans la cave. Après quelques semaines de maturation, nous embouteillions la frênette nouvelle dans des bouteilles de cidre de récupération, que nous goupillions ou fermions avec des bouchons de liège. Ainsi embouteillé, le nectar fermentait doucement, et, après quelques temps, nous pouvions déguster à l'apéritif (et même parfois au goûter), le rafraichissant résultat de cette surprenante alchimie.

Je crois bien que je ne serais même plus capable de reconnaître un frêne, et pourtant je me souviens très clairement du parfum et de l'arôme de la frênette. Je n'ai pourtant pas dû en boire depuis plus de 15 ans !

Comme tous les enfants, je croyais que cette préparation était une sorte de secret de famille, un breuvage mystique réservé aux initiés. En y repensant récemment, je me suis demandé si la recette avait disparu avec mon grand-père, ou si, plus probablement, il existait sur le Web des traces de l'étrange boisson. J'ai ainsi trouvé, avec plaisir, quelques informations et surtout plusieurs recettes. Certes, une part de magie s'évapore avec ces découvertes, mais je serai désormais capable de faire de la frênette pour mes enfants ou petits-enfants, perpétuant ainsi la tradition.

Appelée "cidre du pauvre", "champagne de forêt" ou "boisson des moissons", la frênette ou frênée est encore fabriquée par quelques amateurs de ses vertus toniques, dépuratives et rafraîchissantes, et bien sûr de sa simplicité de fabrication. Dans certaines régions de France (Nord, Normandie, Provence, Pyrénées), ce soda primitif, légèrement alcoolisé, s'inscrit dans une tradition très ancienne.

Côté recette, vous trouverez ici un nombre important de variantes. La préparation la plus classique, pour un tonneau de 50 litres, semblant être :

+/- 50 g de feuilles de frêne séchées
+/- 75 g de chicorée torréfiée
+/- 30 g d’acide tartrique
+/- 35 g de levure
+/- 2,5 kg de sucre
50 litres d’eau douce.

Faire infuser les feuilles de frêne dans quelques litres d'eau bouillante. Passer sur un linge.
Faire bouillir la chicorée, filtrer puis ajouter à l'infusion précédente.
Faire dissoudre ensemble le sucre et l'acide tartrique dans un peu d'eau tiède et laisser refroidir.
Mélanger de même la levure.
Mélanger les divers liquides et verser dans le tonneau.
Ajouter de l'eau jusqu'à remplissage et laisser fermenter 11 jours sans fermer le tonneau.
Mettre en bouteilles (avec un bouchon ficelé), puis coucher à la cave pour conservation.
Boire à partir du 15ème jour.
La boisson se conserve ensuite environ 6 à 8 mois.

Amis internautes, retournons à la frênette de nos grands-parents et tentons d'oublier ces sodas fluorescents aux origines mutantes ! Plus facile à dire qu'à faire ? Pas sûr : goutez la frênette !

vendredi 13 novembre 2009

Le cercueil en carton

Je vous parlais, dans un précédent post, d'un berceau en carton plutôt pratique.
Abordons aujourd'hui le sujet des cercueils cartonnés !
L'approche est d'ailleurs cohérente du point de vue écologique : dans le cadre d'une démarche ACV (analyse du cycle de vie), on dit que l'on étudie les impacts d'un produit du berceau au cercueil ("from cradle to cradle" dans la langue du Big Mac).
Pourquoi ne pas appliquer le concept à l'être humain ?
Nous avons déjà évoqué le couffin éco-conçu, la "green attitude" au quotidien sera l’objet de moult billets mais, jusqu’à présent, Force Verte était un peu "sec" en ce qui concerne le bout du chemin.
Heureusement, la société AB Crémation présentera, lors du prochain Salon Funéraire Paris 09 - du 19 au 21 novembre 2009 au Bourget (une sortie familiale palpitante pour une journée pluvieuse), sa gamme de cercueils en carton, personnalisables et 100% écologiques.
Ceux-ci sont assemblés à l'aide colle à base d’amidon et capitonnés de lin naturel. Pesant 12kg et supportant une charge de 200kg, ils conviennent à l’inhumation et à la crémation (où le temps d’incinération sera naturellement minimisé par rapport à un coffrage en bois).
Pour être écolo jusqu'au bout, choisissons un véhicule vert pour notre dernier voyage.

mardi 3 novembre 2009

Faut-il manger le chat Bergou ?

Les résultats d'une étude canadienne semblent indiquer que nos chers animaux de compagnie sont des pollueurs en puissance. Robert et Brenda Vale, professeurs de l'université de Victoria ont en effet montré :

  • que l’empreinte carbone d’un chien domestique est le double de celle d’un Toyota Land Cruiser qui roule 10 000 kilomètres par an,
  • que mon magnifique Sacrée de Birmanie (Bergou pour les intimes) pollue autant qu'une Volkswagen Golf (j'ai vendu ma voiture, mais je garderai le matou),
  • que Jojo le hamster a le même impact qu'un écran plasma.


Ces calculs ont été réalisés en corrélant ce que consomment nos amis à quatre pattes (viandes et céréales présentes dans leurs aliments spéciaux) à la surface nécessaire pour produire ces denrées. En considérant qu'un hectare de terrain produit l’équivalent de 135 giga Joules par an, on peut comparer la consommation de l'animal à tout processus énergivore.

La solution proposée par les canadiens est pragmatique, mais peu réjouissante : il faudrait préférer à nos Junior, Mabrouk, Félix ou Bergounet d'amour des animaux non carnivores que l'on pourrait manger au besoin. Lapins, poulets, cochons, entrez donc dans nos maisons pour faire le plaisir des enfants. Un cadeau idéal pour Noël, que l'on croquera au réveillon suivant !

 Avant de botter le train de votre greffier pour le renvoyer à l'état sauvage, il faut tout de même considérer ces statistiques avec une distance amusée. Le raccourci est simple, efficace et comique, mais si Médor consomme autant qu'un 4x4, son "coût" de fabrication initial (si l'on peut appeler cela comme tel) n'est en rien comparable. Ce qu'il faut retenir, c'est que votre petit ami n'est pas neutre côté gaz à effet de serre. Reste à trouver quelques écogestes pour le faire également participer à l'effort carbone de la famille.

samedi 31 octobre 2009

La jungle des achats pour bébé


Je vais être bientôt papa d'une petite "Force Rose".

Ma femme et moi étions donc ces temps-ci immergés dans la frénésie des achats de matériel de puériculture. La tâche n'est pas de tout repos et sollicite largement votre encéphale :

  • chasse aux biberons sans bisphénol A, pour que tant que faire se peut ne pas empoisonner bébé,
  • quête de produits de soin contenant moins de 50 composants chimico-inquiétants (sans paraben, sans phtalate, sans phénoxyéthanol par exemple),
  • choix d'une poussette parmi les dizaines de modèles disponibles au catalogue des nombreuses marques du marché,
  • constitution de la layette de base,
  • etc.

A chaque achat, nous nous demandions si nous faisions le bon choix. Les industriels, loin de nous aiguiller sur la bonne piste par leurs conseils éclairés, savent jouer avec hardiesse de ce penchant naturel qu'ont les futurs parents à vouloir le meilleur, le plus sain, pour leur progéniture.

Un cas m'a particulièrement marqué, car nous avons failli nous faire embobiner, alors que la ficelle commerciale était énorme... Une vrai liane démagogique !
Quand nous sommes allés acheter le petit lit du futur "muppet", nous avons dû choisir un matelas.
Là, mon côté "Force Verte" s'est réveillé, car certains modèles arboraient fièrement, en caractères d'imprimerie gigantesques, de doux mots à mes yeux : "100% coton bio", "matelas en bambou" etc..
Je jette mon dévolu sur le modèle préféré des pandas, dont la description est élogieuse (retrouvée sur parents.fr) :

"Le matelas en bambou P’tit roublard est composé de viscose de bambou, plante 100 % naturelle. Le bambou est anti-acariens et anti-bactérien par Nature. Solution idéale pour les enfants sensibles aux allergies, il apporte une sensation de bien-être et de douceur. En effet, le bambou garde au frais pendant l’été, et bien chaud en hiver et a une meilleure capacité d’absorption que le coton. L’enveloppe, déhoussable, de ce matelas permet un entretien rapide et efficace. La housse est d’une douceur exceptionnelle. Lavable à 60 °C. Existe en deux dimensions : 60 x 120 cm et 70 x 140 cm. Garantie 5 ans."

Ce n'est qu'arrivé en caisse, que mon regard tombe sur une petite ligne dans un coin du paquet : "rembourrage mousse polyuréthane de 21 kg/m3 de densité". Hein? Mais le rembourrage, c'est facilement 80% du produit. Ce matelas est aussi "bio" que je suis un poilu de la guerre de quatorze ! En toute crédulité, je pensais qu'il était intégralement en matière noble.
Bien sûr, une housse en bambou ou en coton bio est toujours plus saine et écologiquement responsable qu'une en viscose, polyamide ou je ne sais. Mais reste que la communication autour du produit est trompeuse, limite mensongère. Du coup, comme nous n'aimons pas être pris pour des imbéciles, nous avons opté pour un autre modèle.

Aussi, comme je le fais et le ferai souvent, je vous invite à rester vigilant lors de vos achats. Les industriels nous prennent bien souvent pour des pigeons, ils sont d'ailleurs très habiles pour construire des appeaux à gogos.

mardi 13 octobre 2009

Nouvelle Live Box Orange

Le FAI Orange, cher aux Français (le plus cher ?), propose une nouvelle version de sa box internet. Outre un nouveau design, celle-ci propose les nouveautés suivantes :

  • Wi-Fi dernière génération (802.11n - débit jusqu'à 600 mb/s pour une portée plus importante)
  • association Wi-Fi simplifiée (ce qui n'est pas du luxe : connecter une PS3 était un vrai défi sur certaines versions précédentes)
  • 4 ports Ethernet
  • 2 ports USB (pour mise en réseau d'imprimante par exemple)
  • compatibilité fibre optique
  • gestion des appels simultanés (deux flux téléphoniques peuvent être pris en charge sur la même ligne)
  • consommation électrique diminuée de 30% (50 kWh par an)
  • packaging composé à 98% de papier recyclé
  • interrupteur désactivant le Wi-Fi
  • interrupteur ON/OFF

Ce que nous retiendrons naturellement ici, c'est que cette nouvelle box est nettement moins énergivore, pour une qualité de service supérieure. Quand on sait qu'en juillet 2008, Orange comptait près de 8 millions d'abonnés ADSL, on se dit que l'optimisation de la consommation de ces modems/routeurs n'est absolument pas négligeable. 

Par contre, lors d'une discussion chez greenit.fr, on s'est demandé si les 30% de gain étaient obtenus par rapport à la première box ou à la version 1.2 (aussi appelée Live Box mini) qui avait été déjà présentée comme plus économe que son aïeule. D'autre part, on a souligné le fait qu'il est peu probable que les utilisateurs "dégroupés" éteignent l'appareil à l'aide du commutateur d'arrêt : cela signifierait vraisemblablement la désactivation du téléphone fixe.

Comme moi, vous disposer de l'ancienne "boîte" qui ressemble à un bottin posé sur la tranche ? Vous pouvez semble-t-il en demander le renouvellement gratuit (CF cette news).

samedi 10 octobre 2009

Pause sandwich sur le parvis de La Défense

Chaque midi, la plupart des prestataires en mission dans le quartier d'affaire de La Défense ainsi que des milliers d'autres salariés des lieux savourent un sandwich sur le parvis. Malheureusement, chaque jour à 14 heures, le poubelles bordant l'esplanade débordent de déchets...

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