Force Verte

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Développement Durable

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mercredi 13 janvier 2010

Un km à pieds...

Je voudrais saluer aujourd'hui l'initiative de la banque d'investissement où je suis en mission depuis maintenant quelques mois.
Il a été mis en place, sur l'intranet du groupe, une petite application permettant aux collaborateurs de préciser par quel(s) moyen(s) de transport ils rejoignent leurs postes, et d'identifier ainsi quelles sont les émissions de GES associées à ces trajets quotidiens.

Cette "enquête transports", qui durera jusqu’au 22 janvier, fait partie du processus de reporting environnemental auquel le groupe prend part chaque année.
L'objectif est de mesurer l’impact sur l’environnement des principaux bureaux de la société, afin de pouvoir définir un plan d’action axé sur la réduction des émissions de CO2, la suppression des consommations inutiles, le tri et le recyclage des déchets.


Je constate encore au quotidien de nombreuses aberrations (impressions massives et peu utiles, ordinateurs fonctionnant jours et nuits, processus de recyclage des corbeilles à papier peu efficace etc.) mais ce type d’initiative, constituant les premiers pas vers une politique d'entreprise éco-responsable, me rassure quelque peu.

mercredi 25 novembre 2009

Le bambou, panacée écologique ?

Tel le fennec traquant le poisson de sables, je suis perpétuellement à l'affut de nouvelles écologiques (1). Ainsi, je suis tombé sur un billet soulignant l'action de DELL (constructeur de matériel informatique) qui intègre désormais du bambou dans le packaging de certains de ses ordinateurs. Si cet article rappelait que les plants utilisés dans ce contexte respectent certains critères garantissant le caractère "vert" de l'opération, celui-ci m'a également remémoré une question que je m'étais posé il y a quelques temps, mais sur laquelle je ne m'étais pas encore pleinement penché : est-ce que le bambou est réellement écologique ou nous fait-on, une nouvelle fois, prendre des vessies pour des lanternes ?

Sorte de roseau dont il existe près de 1300 espèces, aux tailles, gabarits et propriétés différentes, le bambou est un matériau remarquable. Sa culture est relativement simple, du fait de sa croissance rapide et de sa résistance naturelle, et ne nécessite normalement pas d'usage de produits phytosanitaires (engrais ou pesticides). La plante a un impact très positif sur son écosystème traditionnel, limitant l'érosion, restaurant les sols appauvris, apportant ombre, fraicheur et humidité. Elle peut toutefois se montrer largement invasive si elle est implantée dans des zones inadéquates.

Solide, léger, facile à travailler et même comestible, le bambou a de très nombreuses utilisations. Des objets les plus simples (tuteurs, cannes à pêche), aux parquets, papiers et vêtements, jusqu'aux échafaudages, ponts et maisons, on le retrouve sous forme classique (roseau) ou fibreuse dans une multitude d'applications. Si sa culture est peu gourmande en produits chimiques, les traitements apportés lors des phases de transformation peuvent l'être largement (processus de blanchiment, d'extraction de viscose, teintures etc.).

La polyvalence du bambou, associée à l'aura verte dont il dispose, lui confère un statut de "star des matériaux" que certains mauvais poètes parviennent malheureusement à faire rimer avec "surexploitation", "déforestation" et "pollution".

Certaines races animales, parmi les plus menacées, dépendent directement de la plante. C'est le cas, par exemple, de certaines espèces de pandas et d'ours en Asie, de gorilles d'Afrique, de tapirs et d'oiseaux en Amazonie, de lémuriens et tortues à Madagascar.
S'il vous semble évident qu'il est aberrant de dépouiller nos voisins à quatre pattes pour faire des badines, des t-shirts et du papier, l'évidence ne saute pas aux yeux de tout le monde. La poule aux œufs d'or vert attirera systématiquement les plus vils renards, qui, ici au Laos ou là au Brésil, au mépris de tout bon sens, payeront 10$ à un gamin de 15 ans pour tailler en pièce la forêt de ses ancêtres afin d’y planter une espèce de roseau expansive, supplantant en deux saisons toute forme de culture locale.

Aussi, avant de se ruer sur un produit "made of bamboo", le consommateur averti aurait intérêt à vérifier si la matière première provient d'une exploitation raisonnée, maitrisée et contrôlée, ou si le roseau a été tranché par des "gougnafiers" au sein d'une bambouseraie séculaire.
S'impose, alors, une nouvelle question : a-t-on, réellement, la possibilité contrôler l'origine du produit ?
A mon avis, c'est actuellement bien difficile. La seule solution semble de retenir les rares objets qui arborent des labels garantissant une conception biologique et le respect de critères sociaux dans la chaine de production (Max Halevaar, Oeko-Tex Standard, Eco Label…)

Finalement, l'opinion que je me suis forgée est mitigée : le bambou est une plante formidable à la merci de la bêtise humaine. Cultivée avec intelligence, elle ferait des miracles, exploitée pour l'appât du gain, elle sera à l'origine d'une catastrophe écologique de plus.


(1) Doux Jésus, qu'est-ce donc que cette introduction digne d'un roman de la collection Arlequin ?

jeudi 12 novembre 2009

Quelques pistes pour une entreprise plus verte

Mon ami Gildas a eu à identifier, dans le cadre de ses fonctions pour une grande banque française, des pistes d’amélioration possibles en termes de responsabilité écologique. Voici un extrait de ses réflexions :

Le papier, ennemi numéro 1

Une première idée pour rendre l’entreprise plus verte consiste à réduire la consommation de papier en :

  • Configurant par défaut les imprimantes pour imprimer en recto / verso ou en qualité moindre.
  • Fournissant aux utilisateurs du papier recyclé.
  • Optant pour des modèles plus économiques à chaque renouvellement d’appareil d’impression.

Les imprimantes sont une source de problèmes infinis : elles n’impriment pas comme on l’aurait souhaité (alors on recommence), se bloquent ou finissent par tomber en panne au plus mauvais moment. Une pure perte de temps et d’argent pour l’entreprise. Aussi, ne pourrait-on envisager de supprimer (ou du moins de minimiser au maximum) les impressions ?

Il est désormais possible de dématérialiser pratiquement tout document sensible : offres, contrats, cahiers des charges... En effet, la loi française stipule que seul le document d’origine permet d’établir une preuve irréfutable, et cet original peut être électronique à condition de respecter une certaine forme : il doit être signé électroniquement par son auteur et ses cocontractants et si possible avoir été stocké sur un support non ré-inscriptible.

Un certificat délivré par une autorité de certification et un logiciel adapté seront nécessaires pour apposer une signature numérique à un fichier. Pour conserver les documents qui ont une valeur légale, il est recommandé d’opter pour une solution de "coffre fort électronique" : un espace de stockage sécurisé où les fichiers sont datés et inaltérables. Les grandes banques proposent ce genre de systèmes qui s’appuient pour la plupart sur une solution de la Caisse des Dépôts et Consignation.

En cas de litige, un document électronique signé numériquement aura la même valeur qu’un document papier paraphé alors que tout élément non signé électroniquement conservera la même valeur de preuve qu’une photocopie.

Repenser chaque détail du quotidien

Étudier toute piste permettant diminuer les émissions de CO2 de l’entreprise. Par exemple :

  • Encourager le télétravail.
  • Diminuer le nombre de déplacements et utiliser des moyens de communication à distance, même les plus ludiques (de Skype à SecondLife par exemple).
  • Optez pour les voitures de fonctions les moins polluantes.
  • Mettre en place des détecteurs de mouvement pour allumer et éteindre automatiquement les éclairages des lieux de passage, couloirs et toilettes.
  • Éteindre automatiquement tout appareil resté allumé le soir à l’aide de prises, interrupteurs ou systèmes commandés.
  • A la machine à café, prévoir des gobelets en matériaux recyclables ou proposer que chacun dispose de tasses en céramique personnelles.
  • En été, diminuer la climatisation et autoriser les collaborateurs à ne porter ni cravate ni de veste.
  • En hiver, diminuer le chauffage et inviter chacun à venir en pull au bureau.

Pour identifier d’autres pistes d’amélioration, pourquoi ne pas mettre en place un système de management d’idées, où chacun pourra proposer ses solutions (par exemple en mettant en place un service spécial au sein de l’intranet, comme Feedback2.0) ?

Le green SI

Miser sur le GreenIT pour rendre le système d’information de l’entreprise efficace et économe, en optant pour des solutions centralisées, optimisées, virtualisées, repensées pour minimiser la consommation électrique et les émissions de gaz à effet de serre de la société.

Mettre en place un mécanisme de recyclage du matériel informatique, en développant un partenariat avec une association.

Gildas pour Force Verte


mercredi 28 octobre 2009

Ecolaboration par Nespresso

Nespresso, leader du café en dosette, dispose d'une image "haut de gamme".
Par contre, on ne pouvait pas considérer, jusqu'à présent, que la société puisse se targuer d'un profil verdissant : doses en aluminium à usage unique, elles-mêmes rangées dans d'élégants mais inutiles emballages cartonnés, cafetières chics mais énergivores, cafés provenant du bout de monde etc.. Au final, dans votre tasse, un nectar noir riche en goût et en carbone !

Cette année, Nespresso semble avoir pris le parti de rejoindre le côté vert de la force, en lançant le programme Ecolaboration. L'entreprise s'engage, à horizon 2013 sur trois objectifs majeurs :

  • s’approvisionner à hauteur de 80% en café issu d’une agriculture durable (contre 40% actuellement), en mettant en place un programme AAA, contrôlé par l’ONG Rainforest Alliance.
  • tripler les capacités de recyclage de capsules usagées (pour atteindre 75 % des capsules vendues)
  • réduire de 20% l’empreinte carbone liée à la réalisation de chaque tasse de café (82 grammes de CO2 actuellement)

A première vue, on ne peut que saluer cette initiative. J'ai pu noter toutefois que quelques voix s'élèvent sur le net, soupçonnant un cas de greenwashing (par exemple, Yann Graf dans ce billet).

Pour ma part, je reste partagé. J'apprécie que la filiale de Nestlé s'investisse dans le développement durable, mais je trouve effectivement que, côté communication, elle "en fait de tonnes".
Premièrement, je vous laisse juger de la pertinence du nom du programme. Un peu "too much", non ?
Ensuite, je vous invite à visiter le site créé pour l'occasion, http://www.ecolaboration.com. Il nous en met plein les yeux : design léché et streaming vidéo sur la plupart des pages, on se croirait presque sur le site d'un constructeur automobile. Sur moi, cette vitrine médiatique est presque contre-productive : elle me donne la sensation que Nespresso cherche absolument à me vendre quelque chose et, au final, le tout sonne un peu faux.
La mise en place d'un tel portail web a un coût réellement important. J'aurais préféré que le roi du café en capsule se contente d'un communiqué de presse et investisse l'argent économisé dans ses engagements écologiques.

Pour finir, lecteurs français et éventuels membres du "prestigieux" Nespresso Club, notez qu'il n'est pas si simple de faire recycler vos capsules dans notre beau pays. En effet, il semblerait qu’en France la collecte sélective ne gère pas les pièces d'aluminium  inférieures à 7 centimètres. Il est donc inutile de jeter vos dosettes de "grands crus" Livanto ou Roma dans votre poubelle d'éléments recyclables. Vous devrez donc :

  • rapporter vos capsules usagées dans les points de vente Nespresso.
  • les confier au coursier qui vous livre de nouvelles doses.
"Quoi d'autre ?", me direz vous...
Rien, à part que si vous préférez vous passez de café, vous serez sans doute bien plus proche du vrai geste responsable !

lundi 12 octobre 2009

L'éolienne qui produit de l'eau

La société Eole Water, implantée dans les Alpes de Hautes Provence, développe une éolienne capable de récupérer par condensation l’humidité de l’air ambiant, de la filtrer pour ainsi produire de l'eau potable.

L'idée qu'a eue Marc Parent, ancien frigoriste, est simple mais brillante : adapter un système de climatisation sur une éolienne.
Très schématiquement, un mini réfrigérateur est installé dans la nacelle de l'éolienne pour être alimenté en énergie par celle-ci. L'eau présente sous forme gazeuse dans l'air, même dans les régions les plus arides, se condense sur les parois froides de cette unité. Elle est ensuite filtrée en descendant dans le mat. On obtient alors au pied de l'appareil une eau potable qui peut alors être stockée et bien sûr consommée.
L'électricité produite en surplus (non utilisée par la réfrigération) peut être exploitée de manière classique (alimentation d'une installation électrique, stockage dans des batteries, réinjection dans le réseau etc.)


Pour l'instant, les prototypes de Eole Water sont à même de produire quelques dizaines de litres d'eau par jour, mais l'entreprise travaille d'ores et déjà sur des systèmes pouvant extraire jusqu'à 1 mètre cube en une journée.
L'entreprise cherche désormais à passer au stade de l'industrialisation et de la production de série, afin de pouvoir proposer ses solutions à des tarifs raisonnables.
L'objectif étant que les populations qui manquent d'eau potable, et donc vraisemblablement pas les plus fortunées du globe, puissent avoir accès à cette technologie.

Plus d'informations sur le site de Eole Water et dans cet article de science et vie.

Je trouve l'idée excellente. Seules deux questions me viennent à l'esprit :

  • A ce que j'ai lu, les prototypes actuels produisent entre 70 et 200 litres d’eau par jour, selon les conditions environnantes. Comment passer l'échelle supérieure ? (Un ratio de 5 à 10, ce n'est pas rien...)
  • Pourrait-il y avoir des conséquences de l'assèchement volontaire de l'air ambiant sur les espèces (végétales) voisines des éoliennes ?